Erratum à propos de l'article sur le complotisme

Εκτύπωση
mars 2021

Dans un article de la Lutte de classe nº 213 (« Derrière la montée du complotisme, l’extrême droite en embuscade »), nous avons écrit que Monique ­Pinçon-Charlot considérait, dans le film Hold-up, que la pandémie avait été déclenchée « pour tuer tous les pauvres ». Cela est inexact, voici ce qu’a dit Monique Pinçon-Charlot dans l’extrait diffusé :

« C’est un fait social total ce qu’on est en train de vivre ; c’est… moi, je pourrais peut-être choquer votre caméra si je dis ça, mais pour moi on est dans la troisième guerre mondiale.

On est dans la troisième guerre mondiale, mais c’est une guerre de classe, une guerre de classe que les plus riches mènent contre les pauvres de la planète.

Et dans cette guerre de classe, comme les nazis allemands l’ont fait pendant la deuxième, y’a un holocauste qui va éliminer certainement la partie la plus pauvre de l’humanité, c’est-à-dire 3,5 milliards d’êtres humains dont les riches n’ont plus besoin pour assurer leur survie sur la planète.

Parce qu’avec l’intelligence artificielle, avec les robots, honnêtement ils n’ont pas besoin de toutes ces bouches qui ont soif et qui ont faim, à un moment où ils ont pillé la nature, où la nature est foutue. »

Par la suite, Monique Pinçon-Charlot a regretté l’usage du terme « holocauste » et l’utilisation de ses propos par le film Hold-up. Mais elle a assumé le fond, avec lequel nous sommes en désaccord.

En effet la classe capitaliste ne veut pas exterminer la moitié la plus pauvre de l’humanité, elle veut l’exploiter. Aujourd’hui, des centaines de millions de Chinois, d’Indiens, de Bangladais, de Vietnamiens, d’Africains et même de Malgaches et d’Haïtiens, c’est-à-dire précisément la moitié la plus pauvre de l’humanité, sont intégrés aux circuits de l’économie mondiale. Certains pour peupler les bidonvilles, après avoir été chassés des campagnes ; d’autres, ou les mêmes, en étant intégrés à la production capitaliste. Et les grandes firmes capitalistes sont tout à fait demandeuses que des enfants du Kivu aillent risquer leur vie sous terre pour extraire du coltan, que des pauvres d’Éthiopie cultivent des fleurs qu’elles vendront sur les marchés occidentaux, que des miséreux du Bangladesh désossent des bateaux dont les armateurs occidentaux ne veulent plus, que des marins philippins fassent naviguer les bateaux du monde entier. Et même, ici, les petits bourgeois sont demandeurs d’Africains sur les chantiers du bâtiment et des travaux publics, dans les sociétés de gardiennage et dans les cuisines des restaurants.

Cela nous éloigne du propos de l’article de la Lutte de classe, qui comportait une formulation inexacte à l’encontre de Monique Pinçon-Charlot.