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En 1999, l'euro ? Face aux bourgeois qui unifient leurs monnaies, les intérêts communs des travailleurs de toute l'Europe
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24 avril 1998
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Des intérêts communs... et aussi concurrents
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La Communauté européenne, devenue aujourd'hui l'Union européenne, se voulait à ses débuts un "marché commun". Mais pour
qu'un marché soit commun, pour que les marchandises puissent circuler librement, il faut harmoniser les législations
nationales, il faut parvenir à des réglementations communes en matière de circulation des marchandises, de normes de
fabrication ou d'emballage, de transport et de sécurité. Il faut que l'utilisation de tel produit, de telle technique de
fabrication ou même de tel additif alimentaire, autorisée dans un Etat, ne soit pas interdite dans un autre, ce qui
reviendrait à remplacer les barrières douanières abolies par des entraves administratives ou juridiques.
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L'histoire du marché commun, après la suppression des barrières douanières en 1968, a été l'histoire d'une petite guerre
permanente, où chaque puissance concernée, tout en abaissant sa barrière douanière afin d'avoir la réciprocité dans le
pays voisin, s'évertuait à inventer ces barrières administratives, réglementaires voire sanitaires, pour freiner la
pénétration des concurrents d'un autre pays chez soi.
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C'est pourquoi la réalisation de la Communauté économique européenne nécessitait la mise sur pied d'institutions capables
de régler ce type de problèmes et de trancher les multiples conflits d'intérêt qui ne pouvaient manquer de surgir. La
commission européenne, le conseil des ministres de la CEE furent chargés de le faire, et devinrent ainsi les premiers organes
politiques supranationaux de l'Europe du Marché commun.
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Résoudre ces conflits s'apparentait souvent à la quadrature du cercle. Car si les réalités et les nécessités de leurs
économies poussaient les bourgeoisies européennes à chercher à harmoniser leur fonctionnement, à chaque pas surgissaient
des obstacles, des conflits d'intérêts dans lesquels chacune avait à la fois quelque chose à perdre et quelque chose à
gagner. C'est ce qui fit de la construction européenne une marche lente, ponctuée de résistances et de retours en arrière,
une avancée empirique dans une direction mal définie.
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Il a fallu des années de marchandage et la mise en place de procédures d'arbitrage et de nombreuses institutions
"supranationales" pour réussir à lever les obstacles, et encore pas tous. Sans retracer ici toute cette histoire de l'Union
européenne, on peut tout de même constater que la convergence laborieusement obtenue dans certains domaines n'a jamais mis fin
aux conflits économiques entre les différents Etats européens, et encore moins aux conflits politiques. Sur le plan
politique, chaque Etat a continué à vivre sa vie, à mener sa propre politique étrangère, a tenté de garder ses propres
zones d'influence bien à lui, comme la France et l'Angleterre dans leurs anciennes colonies. Quarante-et-un ans après les
Traités de Rome, les institutions communautaires européennes se sont multipliées. On élit même maintenant un Parlement
européen. Mais les Etats nationaux sont toujours là et bien loin de se dissoudre dans une fédération européenne.
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Depuis le début de la "construction européenne", chaque bourgeoisie est confrontée à cette contradiction entre la
nécessité de s'unir et de bonnes raisons de garder son indépendance. Les raisons de s'unir ont cependant augmenté avec le
temps, plus que celles de rester indépendants.
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