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C'est vers la fin des années 60 qu'aux Etats-Unis, le mouvement féministe est réapparu, en même temps que le mouvement des
droits civiques de la population noire et le mouvement contre la guerre au Vietnam.
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En France, le mouvement est sorti de la secousse sociale que furent les événements de Mai 1968, de la conjonction du mouvement
étudiant et de la grève générale, qui redonna une nouvelle vigueur aux idées de gauche et d'extrême-gauche, et qui ouvrit
la voie à la contestation de ce qu'il y avait de plus archaïque dans la société française.
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La nébuleuse de groupes qui fut baptisée MLF (Mouvement de Libération des Femmes) par les médias en 1970 mena des coups
d'éclat qui ne passèrent pas inaperçus. Cela pouvait aller du dépôt, devant la presse réunie, d'une couronne à l'Arc de
Triomphe à la mémoire de la femme inconnue du soldat, à des irruptions dans les locaux de l'association "Laissez-les vivre".
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Dans ce contexte, furent fondés, en 1973, le Mouvement "Choisir" et le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l'avortement et de
la contraception), auquel participaient plusieurs organisations politiques d'extrême-gauche, dont Lutte Ouvrière. Le MLAC se
donnait pour but d'imposer l'abolition de la loi de 1920 dans les faits.
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Deux ans avant, en 1971, 343 femmes, dont un certain nombre d'actrices et d'écrivains célèbres, avaient affirmé publiquement
avoir avorté un jour et demandé la liberté de l'avortement pour toutes les femmes. Leur manifeste, publié dans le Nouvel
Observateur, avait créé le scandale. Quelques mois plus tard, 300 médecins se manifestèrent à leur tour dans le même sens.
En 1972, le procès au tribunal de Bobigny d'une jeune fille de 16 ans, de sa mère et de collègues, qui étaient jugées pour
avortement, fut entouré d'une publicité active et d'une manifestation, et il se termina par un non-lieu. Ce fut un succès
déterminant pour la suite.
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Comme le mouvement féministe américain, le mouvement féministe français englobé sous le nom de MLF, qui n'était pas
structuré et ne voulait pas l'être, comprenait plusieurs tendances, dont certaines se disaient révolutionnaires, voire
marxistes. Il s'est développé sous le drapeau de la "libération de la femme", et pas seulement sur celui de l'égalité des
droits dans le cadre actuel. Le MLF défila, d'ailleurs, aux côtés des révolutionnaires lors des cortèges du 1er mai pendant
plusieurs années. C'était une option politique qui le plaçait dans le camp des contestataires de l'ordre établi, mais le MLF
demeura une organisation séparée de femmes, farouchement non-mixte. Et celles de ses militantes qui se disaient marxistes,
pour une bonne part issues du courant maoïste, ainsi que des organisations de gauche et d'extrême-gauche, telles que le PSU et
la Ligue Communiste Révolutionnaire, demeurèrent longtemps sur ce terrain.
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L'immense majorité des revendications mises en avant par les féministes fait partie du programme des révolutionnaires
marxistes. Ce n'est pas d'hier, ni même d'avant-hier, que ceux-ci ont dénoncé la situation faite aux femmes comme un des
scandales permanents de l'organisation sociale fondée sur la propriété privée. Et Bebel lui-même, à la fin du siècle
dernier, dénonçait l'organisation sociale bourgeoise, qui abandonne aux cellules familiales la charge d'élever et éduquer
les femmes et les hommes de l'avenir, avec l'aliénation et le gaspillage d'énergie que cela entraîne.
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