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Tout cela va donc dans le sens d'un gonflement des marchés financiers et d'une instabilité accrue !
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Et puis, le plus grave, c'est que toute une partie du capital disponible des entreprises industrielles est aspirée par ces
opérations financières plus lucratives que les investissements productifs à long terme. Les grandes entreprises se sont
d'ailleurs équipées d'un département financier, voire d'une salle de marchés, à l'égal des banques.
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INTEL, le fabricant de microprocesseurs, a réalisé depuis 1990 un profit de près d'un milliard de francs grâce à un produit
financier créé par son département d'ingénierie financière.
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Renault, par exemple, a gagné ces dernières années beaucoup plus d'argent dans ses spéculations financières que dans la
construction de voitures. En 1995, Renault a perdu 1,7 milliards de francs avec sa branche automobile et gagné 3 milliards avec
sa branche financière.
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Il est bien sûr possible d'en perdre, l'actualité l'a montré. Mais, les pertes subies n'éloignent pas les grandes
entreprises des marchés financiers. Entre 1982 et 1989, la part des capitaux disponibles des entreprises françaises consacrée
aux acquisitions financières est passée de 3 à 35 % tandis que celle consacrée à l'investissement productif s'est réduite
de 76 à 47 %.
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Un marché monétaire international mais instable
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Mais le marché monétaire international a beau être mondialisé, il n'en est pas plus rationnel pour autant. La valeur des
monnaies les unes par rapport aux autres, subit des changements dont la brutalité n'a rien à voir avec l'économie réelle,
même si les choses se rétablissent par la suite. Par exemple, en 1979, le dollar est descendu brutalement à 4 F ; en 1985 il
est monté à 10 F ; alors qu'entre temps, comme aujourd'hui, sa valeur tournait autour de 5 F. Quel lien y a-t-il entre de
telles fluctuations et les rapports économiques de l'époque, entre la France et les Etats-Unis ?
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Et cette instabilité monétaire et financière peut avoir des conséquences tragiques pour la vie quotidienne de la population.
Ainsi la crise du peso mexicain, en 1994-1995, a engendré la suppression de 700 000 emplois et la baisse des salaires d'un
tiers en un an, accompagnées d'un renchérissement colossal du coût de la vie. De même la dévaluation de 50 % du franc CFA
décidée par la France a eu des conséquences dramatiques pour la population pauvre des pays africains de la zone franc.
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Les monnaies n'étant plus reliées à une marchandise commune comme l'étalon or, certains économistes, humoristes ou
déboussolés, ont proposé comme étalon une marchandise existant sous la même forme dans presque tous les pays du monde : il
s'agissait du "Big Mac". En comparant par exemple son prix aux Etats-Unis et son prix en France, ils ont conclu que le taux de
change réel du dollar était de 6,80 F et que le dollar à 5,50 F est donc actuellement sous-évalué.
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Mais voilà qu'aujourd'hui le Big Mac, ainsi promu référence internationale des biens de consommation, est secoué lui aussi
par l'instabilité : Mac Donald vient en effet d'abaisser aux Etats-Unis son prix de 75 % pour faire concurrence à Burger King
!
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Le Big Mac ne vaut donc pas mieux comme instrument de mesure que comme nourriture !
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La contradiction entre le caractère national des monnaies et l'internationalisation grandissante des déplacements de capitaux
est plus aiguë que jamais. Elle est source de dangers graves pour l'économie mondiale. Le fait qu'une grande partie des
profits fait gonfler la bulle inflationniste des placements financiers fait planer sur le monde la menace d'un krach
généralisé qu'aucun pays ne pourra maîtriser individuellement. Sauf peut-être par un repliement catastrophique sur
lui-même.
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Concurrence étrangère, délocalisations : ne pas se tromper d'ennemi
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Mais le problème n'est pas de réglementer la spéculation. Il est de combattre le système capitaliste lui-même.
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Même chose avec la concurrence. Du Parti communiste à Le Pen, nombreux sont ceux qui dénoncent la concurrence étrangère, et
en particulier asiatique, qui obligerait des entreprises à fermer leurs portes, ici en France, et aggraverait le chômage.
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C'est là que l'utilisation des mots comme mondialisation et autres Maastricht n'est pas neutre. Il s'agit de rendre
responsables d'autres peuples, d'autres travailleurs, des difficultés qui frappent la classe ouvrière et de faire croire aux
travailleurs qu'ils auraient des intérêts communs avec leurs propres exploiteurs, pour résister à la concurrence
étrangère.
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Ce sont des arguments contraires aux réalités. D'abord, l'arrêt du commerce international paralyserait complètement la
production.
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De plus, la concurrence de produits provenant des pays asiatiques peut d'autant moins être tenue pour responsable du chômage
que ces produits ne représentent en France que 10 % des importations totales. Et de surcroît, ces pays doivent en contrepartie
acheter aux entreprises françaises des produits de consommation, des biens d'équipement, voire du matériel militaire.
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Et même si on considère l'ensemble des importations françaises, elles sont inférieures aux exportations.
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Au point que certains ont calculé en termes strictement arithmétiques que la différence entre les deux entraîne un solde
positif de plus d'un million d'emplois. Mais c'est un calcul, comme bien d'autres, qui n'est pas forcément fondé.
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Ce qui est nuisible, c'est la concurrence elle-même, le marché capitaliste lui-même qui, de toutes façons, se joue des
frontières.
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Les délocalisations sont-elles responsables du chômage ?
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D'autres encore dénoncent comme une menace les délocalisations vers les pays dont les salaires sont bas. Mais les capitaux qui
vont s'investir dans les pays à bas salaires sont en réalité très faibles. La moitié d'entre eux concernent des secteurs
comme les mines et les services (tourisme, banques, assurances, hôtellerie) qui par nature ne sont pas des délocalisations
d'entreprises venues d'ailleurs. Une autre partie de ces investissements est utilisée pour produire des marchandises destinées
au marché local ou régional. Sans compter tous ceux qui sont placés à court terme dans un but purement spéculatif.
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Les capitaux concernant de véritables délocalisations sont minimes et concernent les secteurs du textile, de l'électronique
grand public ou des services comme le traitement informatique ou la saisie de données de comptabilité.
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De tous les investissements directs de la France à l'étranger entre 1985 et 1992, seuls 3 % ont concerné des investissements
manufacturiers dans les pays à bas salaires.
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Le Japon a délocalisé une partie importante de sa production dans les pays asiatiques de sa zone, dans le but essentiel de
contourner les restrictions que les autres pays, les Etats-Unis en particulier, mettaient à l'importation de produits "made in
Japan".
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Bas salaires et investissements
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Toute une propagande mensongère insiste sur la concurrence des bas salaires dans les pays où le coût de la main-d'oeuvre est
30 à 35 fois moins élevé que dans les pays riches. Mais la productivité du travail compte tout autant que les coûts
salariaux car si, dans le même laps de temps, un travailleur mieux payé fabrique, pour des raisons d'équipement ou de
compétence, plus de richesses qu'un travailleur mal payé, l'avantage du bas salaire devient très relatif pour les
capitalistes.
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Sans compter les désavantages et les coûts supplémentaires qu'occasionnent le manque d'infrastructures, de routes sûres, de
transports adaptés, la corruption du régime ou l'instabilité politique.
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S'il était vrai que les bas salaires constituent une attraction irrésistible, il y a bien longtemps que les pays les plus
pauvres seraient devenus les premiers pays industriels du monde et Haïti, à la porte des Etats-Unis, serait certainement une
gigantesque base industrielle destinée à approvisionner le marché américain.
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Les capitaux se concentrent dans les pays riches
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Or, loin de se ruer sur les pays pauvres les capitaux ont tendance à s'en éloigner : la part totale des investissements
directs à l'étranger détenue par des pays sous-développés était d'un tiers, soit 33 %, dans les années 60 ; d'un quart,
soit 25 %, dans les années 80 ; et elle est maintenant d'un cinquième, soit 20 %.
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Le fait que les investissements à l'étranger se tournent un peu plus ces dernières années vers certains pays
sous-développés d'Asie ou d'Amérique latine peut d'autant moins inverser la tendance que ce sont pour une bonne partie des
capitaux spéculatifs placés à court terme et qu'une autre partie de ces prétendus investissements consiste à transformer
les créances détenues dans ces pays en actions des entreprises et des services publics que l'Etat privatise.
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En fait, l'essentiel des exportations de capitaux des pays impérialistes se dirige vers d'autres pays impérialistes et le
chômage vient de ce qu'en cette période de crise, les capitaux s'investissent très peu dans la production, que ce soit dans
leur pays d'origine ou à l'étranger. Alors, le seul problème, c'est de ne plus laisser le grand capital diriger l'économie.
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