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Ce ne sont pas ces élections qui, en elles-mêmes, vont changer quelque chose à la situation des travailleurs. Elles ne
peuvent avoir d'incidences sur notre vie. Un tel changement, ce ne pourrait être que le produit du rapport des forces entre les
capitalistes et les travailleurs qui pourrait l'imposer. Et le problème qui se pose aux masses populaires de France, c'est
d'imposer des mesures qui puissent les protéger du chômage en mettant les travailleurs en meilleure situation face au grand
patronat et au gouvernement.
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Il ne faut pas laisser aux capitalistes le pouvoir de fabriquer des chômeurs par millions. Tel l'exemple récent d'Alcatel : 12
000 suppressions d'emplois programmées dans les deux ans à venir, alors qu'Alcatel a fait plus de 15 milliards de bénéfices
en 1998, et que le conseil d'administration d'Alcatel a annoncé, dans des pages de publicité parues dans la presse, qu'il se
propose de distribuer un dividende net par action en hausse de 14 % par rapport à 1997.
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Voyons Renault et PSA : 8,8 milliards de francs de bénéfice net pour Renault, son meilleur bénéfice depuis dix ans, en
hausse de 63 % sur 1997 ; pour PSA, 3,2 milliards de francs de bénéfices... et 40 000 suppressions d'emplois programmées pour
l'ensemble des deux constructeurs d'automobiles. Et Renault a de l'argent pour racheter Nissan.
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Autre exemple : l'opération lancée par la BNP sur deux autres grandes banques, la Société générale et Paribas, pour
devenir la plus grande banque du monde : et il n'y aurait pas d'argent ? Pourtant, on nous prévient que cela signifie des
"dégraissages" pour l'avenir, comme ils disent avec leur vocabulaire de bouchers. Et 130 000 salariés au total voient leur
sort suspendu aux décisions de la Bourse et des financiers !
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C'est pourquoi il faut abolir le secret commercial et le secret bancaire qui couvrent leurs manoeuvres et leurs spéculations,
imposer le contrôle des travailleurs et de la population sur ce qu'ils font de leurs profits réalisés sur le dos de la classe
laborieuse, le contrôle des travailleurs sur le système bancaire, réquisitionner les entreprises qui font des bénéfices et
osent jeter des travailleurs à la rue. Seules de telles mesures radicales pourront faire payer la crise à ceux qui en sont les
responsables et en sont les profiteurs. Il faut limiter, voire ôter à ces puissances d'argent le pouvoir absolu qu'elles ont
aujourd'hui de diriger toute l'économie et de condamner à la misère des milliers de personnes, voire de ruiner des villes
entières, sans qu'on puisse jamais les condamner.
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Le grand patronat, les grandes entreprises ont de l'argent, des sommes colossales, celles qui alimentent la spéculation
boursière, ce qu'ils appellent leurs liquidités. Ils en ont pour se racheter entre eux, amicalement ou sauvagement. Ils en ont
pour fusionner afin de construire des groupes de plus en plus gros. C'est ce qu'ils appellent "investir". Cela ne crée ni biens
supplémentaires, ni emplois en plus. Seulement des bénéfices, c'est-à-dire de l'argent, encore plus d'argent. C'est fou mais
c'est comme cela. Et certains considèrent cela comme le meilleur des mondes.
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Les travailleurs ne doivent pas se laisser abuser par les patrons qui pleurent misère et menacent d'aller s'installer ailleurs.
C'est un chantage. Ils font, en réalité, bien trop de profits ici même. Ils mènent le pays à la catastrophe, ils
appauvrissent la population travailleuse chaque jour plus dramatiquement ; il ne se passe pas de jours sans l'annonce de
nouvelles charrettes de licenciements assortie de l'annonce de profits boursiers en hausse !
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Les capitalistes n'auraient pas le choix, vu la concurrence, la course à la compétitivité, les pertes, etc. ?
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Autant de mensonges flagrants des responsables politiques et des spécialistes auto-proclamés qui sont les larbins du patronat.
Même chose lorsqu'ils affirment que les entreprises privées seraient mieux gérées que les services publics. Pourquoi alors
les entreprises privées seraient-elles les premières à licencier ? Oui, elles sont sans doute mieux gérées pour fabriquer
des bénéfices et surtout des chômeurs, ce qui est lié.
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Alors, la tâche de l'heure, l'urgence, pour les travailleurs, c'est d'imposer à notre propre patronat la réduction de ses
profits pour équilibrer le budget de l'Etat et imposer à ce dernier l'amélioration des services publics, que ce soit
l'Education nationale, les transports en commun, les hôpitaux, les PTT, et de tous les services de proximité, ainsi que, bien
sûr, des crédits pour transformer les banlieues des grandes villes et les rendre vivables pour tous.
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N'oublions pas que si nous sommes capables, au travers des luttes sociales, celles des travailleurs et de la population
laborieuse, d'imposer de telles mesures, cela sera contagieux. Nos victoires renforceraient la détermination et la confiance de
tous les travailleurs européens et c'est à l'échelle de l'Europe que le rapport des forces entre les travailleurs et le
patronat en serait changé.
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