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Le pouvoir qui sortira de la révolution prolétarienne sous le drapeau du communisme placera sa priorité dans ce domaine où
l'application du critère du profit est particulièrement inacceptable : celui de l'alimentation de tous les êtres humains. Il
se donnera pour tâche immédiate, essentielle, de restituer aux populations des pays pillés par l'impérialisme à travers le
monde les possibilités concrètes d'une vie digne et humaine.
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N'en déplaise à tous les pourfendeurs de la prétendue surpopulation de ces pays, les ressources mises en commun de
l'humanité permettraient de nourrir correctement les milliards d'humains qu'ils considèrent avec mépris et crainte à la
fois.
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Que leur système soit mis à bas et ses dirigeants écartés du pouvoir de nuire, et d'immenses ressources seraient libérées.
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L'arrêt des guerres et des dépenses d'armement, la reconversion de toute cette industrie de mort en fabrication de biens
utiles aux populations, voilà déjà un grand pas en avant qui serait rendu possible. Selon un rapport de l'ONU qui date de
quelques années, les dépenses nécessaires d'urgence dans le monde en matière d'eau potable ne s'élèveraient sur dix ans
qu'à trois mois de dépenses militaires. Ou encore, le prix payé pour deux navires de guerre par la Malaisie en 1992 aurait
suffi à fournir de l'eau potable pendant un quart de siècle aux cinq millions d'habitants de ce pays qui en manquent.
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Autre gâchis qu'il serait possible de supprimer très vite : celui qui accompagne l'agriculture et l'élevage dans les
conditions actuelles. Après les jachères, les quotas laitiers, la destruction des fruits ou légumes jugés excédentaires par
rapport au nombre d'acheteurs solvables, voilà qu'on se met à abattre avec des primes à l'appui les tout jeunes veaux presque
nouveaux-nés par milliers sur des chaînes spécialement aménagées pour cela. En effet, si leur naissance était
indispensable pour que leurs mères produisent du lait, ils deviennent ensuite superflus, en vertu de cette raison incroyable
que, si on les élevait, ils risqueraient d'"alourdir dangereusement" le marché de la viande bovine déjà saturé et en
crise... en Europe.
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Une politique agricole commune, mais cette fois commune aux hommes et aux femmes de la terre, et non plus soumise aux intérêts
des multinationales de l'agro-alimentaire, entrerait désormais dans le domaine du possible. Karl Marx disait : "l'agriculture,
dès lors qu'elle progresse (...) sans être dominée consciemment, laisse des déserts derrière elle".
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C'est pourquoi nous luttons pour que vienne le temps de la domination consciente !
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Car, encore une fois, ce n'est pas l'industrialisation en elle-même qui est nécessairement en cause. Entre 1950 et 1985, la
production mondiale de grains a pu être multipliée par 2,6 en grande partie grâce aux applications de la chimie. Des famines
ont pu être évitées. Pas toutes, mais cela a été un progrès incontestable, même s'il a été très mal réparti. Le recul
a montré que la contrepartie écologique en matière d'état des sols et des eaux est lourde, mais cela est dû largement au
fait que toute cette politique a été menée sous la direction des multinationales de l'industrie agro-alimentaire, dont les
profits dans cette affaire ont été aussi massifs que l'utilisation des pesticides et des engrais chimiques dans les campagnes
asiatiques. Et une utilisation raisonnée de ces mêmes produits, qui permettrait une agriculture efficace et prévoyante en
même temps, est parfaitement concevable.
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Dans une autre société, la recherche n'étant désormais plus soumise aux intérêts concurrents des trusts, qui l'amènent à
s'intéresser davantage aux problèmes des industriels qu'à ceux des consommateurs, les sciences de l'agronomie, de la chimie,
de la biologie, pourront donner leur mesure.
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Ne serait-ce que sur la base des industries et techniques actuelles, l'humanité dispose potentiellement de connaissances et de
moyens qui rendent d'autant plus scandaleux tout ce gâchis engendré par le capitalisme.
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Les satellites permettent de rassembler une masse d'informations sur la Terre, sur l'évolution de sa végétation, etc.
Aujourd'hui, des organismes comme le CNES font payer des droits sur l'accès à ces images, des sociétés privées se montent
pour les commercialiser, et comme cela coûte cher les multinationales de l'agro-alimentaire ou forestières peuvent aisément
les truster.
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Mais cette masse d'images et de données pourrait, dans une autre société, constituer un outil précieux pour dresser
l'inventaire des ressources naturelles communes de la Terre. La science écologique dans son ensemble, pourvue de moyens
considérables, connaîtrait un tout autre développement et pourrait offrir à la société les possibilités de maîtriser ses
rapports avec la nature dans l'intérêt collectif, et dans la durée. Cela ne relève plus de l'utopie du moins à la condition
que l'humanité parvienne à se défaire du carcan du système économique capitaliste.
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Dans la société actuelle, les connaissances scientifiques étant réservées à un petit milieu, les préoccupations de type
écologiste restent le plus souvent assez nébuleuses, ou bien relèvent plus de l'esprit de clocher que de l'intérêt
général. Elles peuvent être aussi, on l'a vu, manipulées par les profiteurs du système économique dans leurs intérêts.
C'est seulement dans une société socialiste, que de telles préoccupations concernant la place de l'homme au sein du monde
vivant et dans son environnement terrestre, feraient partie des principales préoccupations générales.
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A partir du moment où l'hypothèque de la course au profit et surtout du secret politique, commercial et industriel, serait
levée, la confiance pourrait s'instaurer totalement vis-à-vis des sources d'information. Contrairement à ce qui se passe
aujourd'hui où, dès qu'une campagne médiatique est lancée sur telle ou telle question d'environnement, les soupçons sont
légitimes quant aux enjeux qu'elle peut bien camoufler.
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La société communiste est la seule société qui pourra faire ses choix dans la transparence générale. La seule qui pourra
permettre qu'on débatte publiquement des petits et des grands projets, par exemple les emplacements et les proportions à
accorder à tel investissement industriel, projets qui s'établiront sur les seuls critères sociaux et techniques, ou sur leurs
éventuelles conséquences, du moins les conséquences prévisibles, sur l'ensemble de la biosphère le cas échéant.
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Lorsqu'il s'est agi de mener sa guerre du Golfe, l'impérialisme américain s'est montré capable d'en gérer l'ensemble des
aspects logistiques à partir de centres informatiques extrêmement performants, situés au fin fond des Etats Unis. Alors,
pourquoi une société sans concurrence ne pourrait-elle pas se servir de pareils moyens pour étudier rationnellement ses
projets régionaux, voire mondiaux, la technique venant mettre à la disposition des hommes le maximum d'informations ? Le but
serait autrement exaltant, y compris pour les ingénieurs et scientifiques impliqués...
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Toute activité humaine comporte des risques. Aucune technique n'est ni bonne ni mauvaise en soi.
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Sans aucun doute, tous les risques technologiques, tous les périls écologiques ne seront pas écartés par enchantement. Mais
au moins ils pourraient être assumés consciemment par une organisation sociale qui serait vraiment démocratique.
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En disant cela, nous ne sommes pas des rêveurs. Nous ne prétendrons pas que la fixation des priorités de la société ira
sans aucun conflit. Les préférences individuelles, locales, etc., ne coïncideront pas automatiquement avec les priorités
sociales en tout temps et en tout lieu. Il n'y a aucune raison de penser que la vie sociale perdra de son animation, au
contraire même...
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Car dans une société socialiste, tout ne sera pas réglé à partir d'un ordinateur central. La décentralisation y sera bien
plus grande qu'aujourd'hui. Mais les décisions qui seront prises à l'échelle locale, ou régionale, échapperont à l'esprit
de clocher, parce qu'elles seront le fait d'êtres humains parfaitement informés, et prises en fonction d'une conscience
sociale que les sociétés de classe ne peuvent pas imaginer.
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Nous n'affirmons pas non plus que des erreurs et des dégâts seront impossibles. Cependant, dans la mesure où les incidences
de la course au profit seront éliminées, et la démocratie plus large et plus directe, même ces erreurs seront plus
facilement repérables en temps utile.
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Oui, une telle société véritablement et pour la première fois à la mesure des capacités humaines est possible.
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Le progrès peut et doit s'organiser pour rendre la vie de l'homme de moins en moins précaire, et de plus en plus riche à tous
les niveaux. Il peut et doit servir à la maîtrise par l'homme, non de la nature, mais de ses rapports avec la nature ; il peut
et doit servir à la sauvegarde du patrimoine que représente pour nous tous la formidable diversité des formes vivantes ; il
peut et doit servir au respect de tous les êtres vivants.
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Car on peut imaginer la biosphère sans l'homme, mais pas l'homme sans la biosphère.
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Et, si l'homme modifie la nature, il peut parfaitement le faire sans dégrader son environnement.
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Alors, même si nous nous retrouvons parfois aux côtés des écologistes dans certains combats ponctuels, nous militons quant
à nous en vue d'attaquer le mal à sa racine. Si l'irrationalité de l'économie capitaliste menace peut-être, en effet, la
survie même de l'humanité, nous militons pour la révolution sociale décisive qui est devant nous, qui ouvrira la voie à
l'instauration d'une société sans classes, c'est-à-dire d'une société qui pourra alors seulement se dire pleinement
humaine.
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Il sera alors possible de se demander s'il faut essayer de recréer la forêt primitive dans la Beauce, s'il faut rendre les
polders des Pays-Bas à la mer, s'il faut créer de nouvelles zones industrielles en Afrique ou transformer de vastes parties de
ce continent en réserves naturelles, s'il vaut mieux sauvegarder la forêt amazonienne que de la transformer en nouvelle pampa.
Et on pourra alors le faire honnêtement, sans hypocrisie, parce que toutes les ressources économiques de la planète seront
mises à la disposition de tous les peuples de la Terre, des Indiens d'Amérique comme des Européens, des habitants des pays
aujourd'hui industrialisés comme de ceux des régions où l'impérialisme a stérilisé tout développement économique.
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Communistes et internationalistes : il n'y a pas d'autre moyen de défendre ce patrimoine commun de l'humanité qu'est la Terre.
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