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Les élections régionales de 2010 sont arrivées après une année 2009 qui fut particulièrement marquée par un important
conflit social, une grève générale qui dura près d’un mois et demi et mobilisa les travailleurs des deux îles,
Guadeloupe et Martinique. Cette grève générale fut marquée par d’importantes manifestations de rue, des barrages et la
paralysie de toute l’économie. Mais même après l’arrêt de cette grève, après la signature des accords qui
attribuèrent des hausses de salaires importantes, des baisses de prix des carburants et de certains produits de première
nécessité, de nombreux autres conflits continuèrent, notamment en Guadeloupe, pour faire appliquer cet accord de salaires.
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C’est dire donc que, particulièrement en Guadeloupe, la proximité de cette période de luttes sociales et de la campagne
électorale suscita une attente et des commentaires qui revenaient sans cesse sur ces événements sociaux de 2009.
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Les résultats des élections furent donc très suivis et commentés. Cela d’autant plus que, même si l’organisation qui
avait dirigé cette grève générale, le LKP (en fait un collectif d’organisations syndicales et politiques), ne se
présenta pas en tant que telle aux élections, la plupart des organisations qui en étaient membres s’engagèrent dans cette
campagne des régionales.
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Les organisations politiques membres du LKP face aux élections
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Elles suivirent trois voies différentes : les unes (Combat Ouvrier et une liste dirigée par Plaisir, un ex-GRS) se
présentèrent avec leur propre étiquette ; plusieurs autres organisations (Parti communiste guadeloupéen, Union populaire
pour la libération de Guadeloupe/UPLG, une partie des Verts) se rallièrent au maire socialiste des Abymes, Éric Jalton, qui
avait décidé de conduire une liste opposée au président sortant socialiste de la Région, Victorin Lurel.
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Jalton se réclamait du « mouvement social » de 2009 et prônait la nécessité d’un changement de statut. Cela suffit
à ces organisations politiques du LKP pour rejoindre une coalition où l’on retrouva aussi d’autres dissidents plus
anciens du PS.
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La troisième voie fut celle de l’abstention que proclama le syndicat indépendantiste UGTG, qui fustigea ceux qui
participaient à ces élections car, disait-il, la participation à la Région ne permettait pas de changer quoi que ce soit.
Pour ces indépendantistes, participer aux élections organisées sous la tutelle du pouvoir colonial, de l’État français,
ne servait qu’à le cautionner et à renforcer sa présence en Guadeloupe.
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Les indépendantistes regroupés autour de l’UGTG appelèrent donc à l’abstention. Mais à vrai dire, à part quelques
déclarations diffusées par écrit ou par les médias, leur campagne ne fut pas très intense.
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Les électeurs de Martinique sur le pied électoral dès janvier 2010 !
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En ce qui concerne la Martinique, il faut ajouter que, dans les mois qui suivirent la période de grève et de manifestations,
le gouvernement décida de convoquer les électeurs pour un référendum en deux parties sur l’évolution statutaire de
l’île. Il fallait se prononcer lors de deux consultations (les 10 et 24 janvier 2010) sur un statut découlant de
l’article 74, avec certains pouvoirs exécutifs et législatifs plus étendus qu’actuellement, ou sur un autre statut
découlant de l’article 73. Celui-ci instituait une Assemblée unique mais qui restait dans le droit commun. C’est cette
application de l’article 73 qui fut adoptée à l’appel du PPM (parti créé par Aimé Césaire et dirigé aujourd’hui
par Letchimy, maire-député de Fort-de-France).
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Changement de président en Martinique : cela n’apportera rien de plus aux travailleurs !
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Les élections régionales étaient donc le troisième scrutin auquel les électeurs martiniquais étaient conviés en moins de
trois mois ! Et c’est donc dans ce contexte que se déroulèrent les élections pour élire une Assemblée régionale qui,
du coup, sera, d’ici deux ou trois ans, remplacée par une Assemblée unique.
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Le PPM, dans la foulée de son succès aux référendums, sortit vainqueur de l’affrontement avec le président
indépendantiste sortant, Marie-Jeanne. En effet, une grande partie de ceux qui avaient voté non à l’article 74 lors du
référendum du 10 et oui le 24 janvier 2009, votèrent aussi contre le président sortant de la Région, Marie-Jeanne,
leader du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), promoteur déçu du statut découlant de l’article 74.
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C’est donc le maire de Fort-de-France Letchimy qui dirige désormais l’Assemblée régionale. Pour les travailleurs de
Martinique, ce changement de majorité et de président ne change évidemment pas grand-chose, car les conceptions du PPM et
celles du MIM sont les mêmes en matière de gestion de l’Assemblée régionale.
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Tous ces gens-là mettent en avant une seule et même politique pour faire face au problème douloureux que pose aux couches
laborieuses et pauvres la persistance d’un chômage massif en Martinique. Comme tous les politiciens de ce type, leur seule
solution, face au chômage et aux emplois précaires, c’est d’offrir toujours plus de subventions au patronat afin qu’il
crée des emplois. Bien sûr, la capacité budgétaire d’une Région est limitée mais, dans ces limites, et le MIM et le PPM
respectent docilement les orientations économiques du système en place. Pour eux, l’essentiel de l’argent public doit
aller au patronat, sous forme directe de subventions votées par la Région, ou sous forme indirecte, en prenant en charge
divers travaux (aménagement, viabilisation, assainissement, etc.) utiles pour les entreprises privées.
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En Guadeloupe, le président « socialiste » sortant vainqueur au premier tour, grâce à l’apport d’une partie de la
droite
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En Guadeloupe, c’est le président sortant Lurel, du Parti socialiste, qui a remporté les élections dès le premier tour. La
presse a parlé alors de « victoire de la gauche » ! Cependant, on pouvait s’étonner du succès de Lurel, dès le
premier tour, puisqu’il y avait deux autres listes dissidentes de gauche, conduites par deux députés en fonction.
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L’échec de la liste de droite, où se trouvait la ministre des DOM, Penchard, fille de Lucette Michaux-Chevry, ex-présidente
de Région, ex-ministre de la Francophonie, fut aussi remarquée. Mais les deux choses, recul spectaculaire de la droite et
succès au premier tour de Lurel, étaient complémentaires. Les voix de la droite ne s’étaient pas perdues dans la
nature ! Les chiffres montrent bien qu’une partie importante de la droite a apporté ses suffrages à Lurel dès le premier
tour.
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En effet, la gauche était représentée par deux autres têtes de liste socialistes. On peut penser que Jalton (12,40 %) a
attiré une partie des voix allant aux socialistes, ainsi que Jany Marck, députée de gauche (dissidente socialiste)
(2,8 %), la droite ne réalisant que 14, 01 %, loin des 46 % de Lucette Michaux-Chevry en 2004. Lurel avait obtenu en
2004, au premier tour, avec une alliance de tous les partis de gauche, 44,6 % des voix. En 2010, le voilà qui passe au
premier tour, malgré les divisions socialistes, avec 56 % ! Même si c’est avec, en valeur absolue, beaucoup moins de
voix (78 261 voix) qu’il n’en avait obtenu au deuxième tour en 2004 (100 000 voix).
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C’est bien l’apport d’une forte proportion de voix de droite qui lui a permis de franchir l’obstacle dès le premier
tour, tandis que la droite s’est effondrée, passant de 36 % à 14 %.
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Tout cela n’est pas étonnant quand on regarde ceux qui étaient derrière Lurel, et on ne peut même pas dire que c’était
une liste de « gauche » socialiste. La première femme placée juste derrière Lurel sur la liste était Mme Carabin,
maire du Moule, femme de droite, fondatrice de l’UMP, qui avait des comptes à régler avec le clan Penchard-Michaux-Chevry.
La liste était soutenue par Chaulet, ex-député de droite, ex-secrétaire du RPR. Elle était soutenue aussi par le nommé
Boulogne, connu pour ses idées d’extrême droite, et par toute une variété de patrons et notables de droite.
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En fait, tout un milieu de possédants et de notables a appuyé la liste de Lurel. Lors de l’élection de la présidence de
Région, on vit la présidente de la Chambre de commerce (qui fut l’une des plus hostiles au LKP et à la grève générale)
se féliciter de l’élection de Lurel, s’extasiant devant le discours du président qui avait fait du verbiage sur
l’état de droit, la démocratie, le pouvoir des urnes contre le pouvoir de la rue.
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La victoire de Lurel fut celle de tous ces gens qui avaient éprouvé crainte ou inquiétude et certainement de la rage, lors de
la grève générale, de voir tant de milliers de pauvres, de travailleurs, occuper pendant si longtemps les rues des villes,
mettre en échec et le préfet et les présidents d’Assemblées locales et même le ministre des DOM, Jégo. Lequel dut faire
plusieurs traversées de l’Atlantique avant de réussir à calmer la situation en faisant des concessions aux manifestants.
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Cela enrageait tous ces possédants de voir que « la rue » avait imposé au gouvernement et aux patrons de lâcher deux
cents euros pour un grand nombre de travailleurs, le gel des loyers dans les sociétés HLM, la baisse des prix d’une
centaine de marchandises, le blocage du prix des carburants, etc.
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Même si les possédants savaient bien qu’ils ont les moyens de revenir sur tout cela assez rapidement et de reprendre ce
qu’ils ont été obligés de lâcher, pour eux le symbole est inacceptable. La rue a dicté des concessions au pouvoir légal
et au pouvoir des patrons. La plupart d’entre eux ont donc décidé de faire bloc autour de Lurel, parce que pendant toute
cette période il fut celui qui fustigea la « chienlit » dans les rues, tint tête au LKP, affirmant que, même si le LKP
mettait dans la rue 100 000 personnes, il continuerait à affirmer que le pouvoir n’est pas dans la rue, mais dans les
Assemblées régionale et départementale sorties des urnes.
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Pour les possédants, les notables, il était donc plus rentable de conforter le pouvoir de Lurel et d’en faire leur rempart,
face au désordre des rues, que de soutenir la liste d’une droite déchirée par ses divisions et ambitions personnelles,
imposée par Paris.
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Les résultats de la liste Jalton
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Dans une certaine mesure, l’autre liste de gauche dirigée par le maire socialiste Jalton apparut comme une liste se
réclamant des événements de 2009, de ce que Jalton appelait le « mouvement social ». Jalton avait amassé un certain
crédit dans le milieu LKP à cause de son attitude dès les débuts des manifestations de février 2009 et face au préfet et
au ministre des DOM, où il prit position en faveur des grévistes, contrairement à l’attitude de Lurel qui n’eut que
mépris et arrogance pour ceux qui manifestaient dans les rues.
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Mais la liste Jalton fut surtout un mélange entre des militants ayant participé à cette grève générale et toute une série
de maires et notables dissidents socialistes. Cela ne pouvait guère susciter l’enthousiasme des masses qui étaient
descendues dans les rues en 2009, malgré la présence de membres du LKP. En effet, ces politiciens de gauche, tout en
n’ayant pas les positions méprisantes de Lurel, apparaissaient tout de même comme des notables bien habitués à gérer les
affaires dans les institutions officielles. Ils défendirent d’autres projets de gestion de l’Assemblée régionale que ceux
de Lurel, ainsi que la perspective d’un changement de statut, mais évidemment ils ne se situèrent ni sur le terrain des
intérêts des travailleurs, ni sur celui de la lutte contre le patronat et le gouvernement à son service.
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La liste fit un score qu’on peut considérer comme important, vu qu’elle fut mise sur pied assez rapidement, fin 2009 et
début 2010. Cette liste obtint 12,4 %, soit 17 175 suffrages.
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La liste de Plaisir, l’ex-GRS, aussi membre connu du LKP, n’obtint que 1,41 %, soit 1 958 voix.
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L’importance relative de l’abstention.
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Comme dans beaucoup d’élections aux Antilles, l’abstention fut importante. Mais elle ne provoqua que peu de commentaires,
contrairement à ce qui se passa en France, où l’abstention aux régionales 2010 est apparue comme une réaction politique
d’une partie du corps électoral, un tel taux étant inhabituel en France.
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En Guadeloupe, l’abstention fut de 45 % en 2004 et est passée à 53 % en 2010. Alors, bien sûr, certains
indépendantistes revendiquèrent cette poussée abstentionniste, mais d’ailleurs sans trop insister. En réalité, il est
difficile de tirer une conclusion de cela, vu que ces chiffres d’abstention tournent autour des 50 % habituels. Si on
excepte les municipales, où le taux de participation est supérieur, et les européennes, où le taux d’abstention grimpe
au-dessus des 80 %.
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Remarquons encore qu’en Martinique, où personne ne faisait campagne pour l’abstention, le taux d’abstention monta
jusqu’à 57 %. Signalons aussi que lors des référendums du 10 et 24 janvier 2010 le taux d’abstention fut de 55 %
et 64 % !
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Il est certain que ces taux d’abstention élevés témoignent du désintérêt d’une partie importante de la population pour
la politique officielle, les discours des grands partis suscitant surtout méfiance ou indifférence.
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La campagne de Combat Ouvrier
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Combat Ouvrier fut la seule liste qui fit campagne sur une politique défendant exclusivement les intérêts politiques et
sociaux des travailleurs.
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L’autre liste conduite par un membre du LKP (Plaisir, ex-militant du GRS proche du NPA) fit campagne sur un projet de
développement pour la Guadeloupe et avança diverses idées sur ce qu’on pourrait réaliser pour développer la Guadeloupe,
créer des emplois, etc. Cette orientation, qui se situait strictement dans le cadre du fonctionnement de l’institution
régionale ou de sa possible évolution, excluait évidemment toute dénonciation directe de l’exploitation, de la
responsabilité du grand patronat, des banquiers, dans la situation actuelle. Et donc cela excluait toute proposition d’une
véritable politique de classe offrant aux travailleurs des perspectives de luttes, des objectifs pour leurs prochaines
montées sociales.
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Dans cette campagne des régionales, il était nécessaire de faire entendre une autre politique que celles des notables et des
politiciens, plus intéressés à la lutte pour les postes, plus empressés à gérer les affaires des possédants qu’à
défendre les politiques favorables aux classes pauvres.
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La campagne de Combat Ouvrier expliqua donc qu’il était nécessaire pour les travailleurs de poursuivre dans le chemin ouvert
par la grève générale de 2009. Chemin s’appuyant sur les grèves dans les entreprises, les manifestations de rue et les
tentatives de surveillance des prix dans les grandes surfaces.
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Ce qui va compter dans l’avenir, c’est la capacité des travailleurs à construire et utiliser un rapport de forces
favorable pour atteindre certains objectifs conformes à leurs intérêts. Ces objectifs doivent être discutés et répandus
parmi les travailleurs et la campagne électorale était une occasion favorable pour le faire, en prévision des prochaines
luttes des travailleurs. Celles-ci sont inévitables, face aux agressions du patronat et du gouvernement que subissent les
classes laborieuses et pauvres, et face aux menaces que fait peser une crise qui continue malgré les affirmations officielles
de reprise !
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Pour répondre au problème posé par le chômage massif et la précarité des emplois, il faut interdire les licenciements et
répartir le travail entre tous sans diminution de salaire. Pour faire face à l’irresponsabilité manifeste des banquiers
qui spéculent et provoquent l’instabilité financière dans le monde sans aucune règle ou restriction des gouvernants, il
faut exproprier ces banquiers et contrôler l’activité bancaire en centralisant les banques et les institutions
financières, qui seront placées sous le contrôle démocratique des travailleurs et de la population.
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Mais c’est aussi l’intérêt des travailleurs de savoir ce qui se décide dans les états-majors des entreprises locales et
multinationales afin de prévenir les plans sociaux, les décisions de fermeture toujours prises pour des raisons non
contrôlables, non vérifiables. Justement pour prévenir tout cela et être en mesure de surveiller et contrôler ce qui se
passe dans ces entreprises, il faut supprimer les lois qui protègent le secret bancaire, le secret industriel et
commercial.
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Il faut donc que les travailleurs soient en mesure de contrôler ce qui se passe à tous les niveaux de l’économie.
Rappelons-nous comment, en 2004, des grands planteurs de bananes, riches membres des familles békés conduites par le riche
Hayot, ont décidé du jour au lendemain la fermeture d’un grand nombre de bananeraies. Ils ont alors licencié en quelques
mois près d’un millier de travailleurs. On a aussi connu cela avec la production d’ananas.
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Périodiquement des propriétaires de grandes surfaces, d’hôtels, décident des « restructurations » et fermetures qui
aboutissent à détruire des centaines d’emplois chaque année. Le nombre de demandeurs d’emploi a dépassé depuis
longtemps les 10 % de la population, soit près de 30 % de la population active sur les deux îles.
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Autres remarques sur la campagne de Combat Ouvrier.
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De nombreux travailleurs qui avaient participé aux grèves et manifestations de 2009 étaient candidats sur la liste Combat
Ouvrier.
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La campagne elle-même se distingua des précédentes par le fait qu’un grand nombre de membres de la liste ont participé
activement aux activités, diffusant des tracts, collant des affiches, participant aux réunions publiques le soir ou aux
prises de parole devant certaines entreprises. Le fait que les deux têtes de liste avaient été en tête des manifestations
et de la grève de 2009 y était pour beaucoup.
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Au cours de la campagne, des travailleurs de diverses communes ou de différents quartiers ont spontanément proposé leur aide,
jusqu’à organiser quelques réunions publiques dans leur quartier. Celles-ci regroupèrent selon les lieux, le soir, entre
dix et soixante personnes. Le meeting de fin de campagne, appelé à Pointe-à-Pitre, connut un petit succès puisque la salle
qui nous avait été attribuée eut du mal à contenir les plus de deux cents personnes présentes ce soir-là.
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Les résultats de Combat Ouvrier
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La campagne de Combat Ouvrier rencontra beaucoup de sympathie auprès de la population travailleuse et pauvre. Ce fut la seule
liste qui, en Martinique et Guadeloupe, fit campagne exclusivement sur la défense des intérêts des travailleurs, la seule
qui parla au nom des intérêts politiques et sociaux de la classe salariée.
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Par sa composition, c’était une liste de travailleurs, dirigée en Guadeloupe par un travailleur connu, Jean-Marie Nomertin,
responsable syndical, qui fut l’un des leaders du LKP, et en Martinique par une travailleuse, Ghislaine Joachim-Arnaud,
dirigeante syndicale et une des dirigeants de la grève générale et du Collectif du 5 février, qui fut à la tête de cette
lutte.
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La liste obtint 2,82 % en Guadeloupe, soit 3 903 suffrages, et 2,71 % en Martinique, soit 3 514 suffrages. Observons
cependant qu’en Guadeloupe cinq communes donnèrent des résultats supérieurs à 3 %, deux se situèrent à 4 % et une
à 6,6 % (commune où travaillait notre camarade tête de liste, dans les bananeraies). En Martinique, huit communes
donnèrent plus de 3 %, cinq donnèrent 4 % et un peu plus.
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Évidemment ces chiffres sont faibles, au regard des dizaines de milliers de gens qui votent pour les partis traditionnels.
Cependant, tout au long de la campagne, beaucoup de travailleurs affichaient leur sympathie, mais déclaraient qu’ils
n’allaient pas voter. Il faut ajouter aussi que le poids des habitudes électorales et la mainmise des appareils sur la
population sont tels qu’il est difficile d’obtenir un vote sur des idées, sur un programme exprimé franchement et sans
contrainte.
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On peut dire que ces 7 417 suffrages expriment les sentiments d’un bon nombre de travailleurs qui n’ont pas voté pour les
listes CO et que ces sentiments et ces idées pèseront bien plus hors des urnes, quand ils s’exprimeront dans les entreprises
et dans la rue.
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Les travailleurs et les pauvres qui ont su se mobiliser en 2009 dans une grève générale, qui ont manifesté par dizaines de
milliers dans les rues de Pointe-à-Pitre et Fort-de-France, qui ont maintenu une agitation presque permanente tout au long de
l’année 2009, quand ils seront de nouveau prêts à affronter le patronat, sauront retrouver – et avec encore plus
d’efficacité – les voies et moyens qu’ils ont déjà explorés.
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7 avril 2010
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