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29 octobre 2009
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L’avenir des relations internationales est conditionné par l’évolution de la crise de l’économie capitaliste mondiale
et le degré de son approfondissement.
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La solidarité entre grandes puissances, incarnée par les réunions du G7, du G8 et du G20 (depuis l’élargissement à des
pays comme la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, le Brésil mais aussi l’Indonésie, le Mexique ou l’Afrique du Sud),
semble pour le moment prédominer. Cette solidarité, qui a pour fondement l’intérêt commun des bourgeoisies à stopper la
crise financière en écrasant un peu plus leurs classes exploitées, ne met cependant pas fin à la concurrence et à la
rivalité entre nations capitalistes, pas plus que le fait d’associer à ces conciliabules entre brigands impérialistes des
dirigeants de quelques grands pays pauvres ne met fin aux relations de subordination entre puissances impérialistes et pays
sous-développés.
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Malgré l’affaiblissement de son économie et de sa devise, le dollar, l’impérialisme américain continue à dominer le
concert des nations. Il bénéficie d’un siècle de développement économique favorisé par la possession d’un vaste
marché national sur un territoire immense et riche en biens matériels comme en hommes. Ayant succédé à l’impérialisme
britannique dans la domination du monde, ayant consolidé sa position de chef de file du monde capitaliste à travers les deux
guerres mondiales, la bourgeoisie américaine, la plus puissante du monde, est depuis la Deuxième Guerre mondiale en situation
de prélever sa dîme sur l’économie mondiale. Seule lui faisait ombrage l’Union soviétique, mais depuis que celle-ci a
implosé, minée qu’elle était par l’avidité de la bureaucratie à consolider sa mainmise sur l’économie, les
États-Unis restent la seule « superpuissance » où le pouvoir de la bourgeoisie et le développement de son système
économique n’ont d’autre limite que celle du capitalisme lui-même. Le recul actuel de son économie, la fragilité de son
système bancaire révélée par la crise, comme la pauvreté croissante d’une partie de sa population, n’ont aucune cause
autre qu’interne.
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Les États-Unis conservent cependant ce privilège hérité de leur développement au cours de leur siècle d’ascension, non
seulement de s’enrichir au détriment de la partie sous-développée de la planète – au détriment en particulier de leur
arrière-cour d’Amérique latine – mais aussi de pouvoir imposer aux autres puissances impérialistes un alignement
derrière leurs propres guerres.
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L’attribution du prix Nobel de la Paix à Obama ne rendra pas l’impérialisme américain plus pacifiste. Comme nous
l’avions déjà constaté dans le texte sur la situation internationale en 2007 puis en 2008 : « Les dépenses
militaires, après avoir baissé pendant les années de décomposition de l’ex-Union soviétique, pour atteindre leur montant
le plus bas en 1996, ont repris leur ascension pour revenir, en 2005, au niveau qui était le leur à la fin de la guerre
froide. Elles ont continué à croître à un rythme rapide. Le budget américain de défense est passé de 318 à 478
milliards de dollars entre1996 et 2005, soit une augmentation de 50 % en neuf ans. […] Cette course à la fabrication
d’armes qui prend une part croissante dans une production matérielle par ailleurs stagnante est le reflet des multiples
tensions dans les relations internationales, mais constitue aussi une nécessité économique pour la classe capitaliste
».
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Les dépenses militaires américaines restent jusqu’à présent à un niveau très élevé, les interventions américaines en
Irak et en Afghanistan représentant une part importante du budget.
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La réapparition récente des attentats meurtriers jusque dans les quartiers les plus protégés de Bagdad montre la fragilité
de la toute relative stabilisation de la situation intervenue depuis 2007. Bien que la promesse d’Obama, très prudente il
est vrai, de retirer l’armée américaine d’Irak ait contribué à son élection, les États-Unis sont loin de pouvoir y
procéder. Les États-Unis ne peuvent pas se retirer du bourbier irakien qu’ils ont eux-mêmes créé sans que soit mise en
place une force de répression autochtone capable de maintenir l’ordre. Cela semble d’autant moins le cas que certains des
récents attentats semblent avoir bénéficié de complicités à l’intérieur même des forces armées irakiennes.
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Les États-Unis continuent à être confrontés au même dilemme depuis des années : retirer leurs troupes d’Irak, et prendre
le risque de laisser derrière eux le chaos avec des affrontements entre milices de différentes obédiences religieuses ou
ethniques ; ou bien rester, sans pour autant arrêter le chaos. Or, toute la région étant une poudrière, le chaos irakien
représente une menace de contagion pour toute la région.
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La situation en Irak est certainement un des nombreux éléments qui interviennent dans l’orientation de la politique
américaine en direction de l’Iran. Les bruyants affrontements entre les dirigeants iraniens et ceux des États-Unis au sujet
du nucléaire iranien ressemblent à une partie de poker menteur.
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Les États-Unis ont intérêt à associer les dirigeants iraniens à la défense de l’ordre régional. Il faut rappeler que
c’était le rôle dévolu à l’Iran au temps du chah. Après le renversement du chah en 1979 et l’arrivée au pouvoir de
Khomeiny, les États-Unis avaient adopté une stratégie visant la chute du régime des mollahs. L’Irak de Saddam Hussein
avait été un des instruments de cette politique. Mais la guerre menée entre 1980 et 1988 par le dictateur de Bagdad, homme
de main des puissances occidentales à l’époque, financé et armé par elles, n’avait pas détruit le régime iranien.
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Si ce dernier, affaibli par cette longue guerre dont on estime à un million le nombre de morts, n’a plus joué pendant
quelque temps un rôle majeur sur l’échiquier du Moyen-Orient, il n’en va plus de même depuis plusieurs années. Non
seulement le régime des mollahs témoigne d’une certaine stabilité alors que l’Irak et l’Afghanistan voisins sont, à
des degrés divers, en proie au chaos, mais il a une influence sur des organisations chiites en Irak, voire sur le Hezbollah du
Liban.
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Et ce n’est certainement pas le caractère théocratique du régime iranien qui gêne les États-Unis, lesquels
s’accommodent fort bien du régime encore plus réactionnaire, si faire se peut, de l’Arabie saoudite.
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À défaut de pouvoir se débarrasser du régime des mollahs, l’intérêt stratégique des États-Unis est de l’avoir avec
eux, en tout cas pas contre eux.
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Si bien des signes montrent l’orientation des États-Unis vers une sorte de réconciliation, le régime iranien, disposant
d’une certaine assise populaire, n’est certainement pas enclin à devenir un régime fantoche. D’où les pressions que
les États-Unis tentent d’exercer sur les dirigeants iraniens en brandissant la menace que représenterait pour la région la
capacité de l’Iran à se doter de l’armement nucléaire (tout cela avec la chaude approbation d’Israël, qui dispose de
la bombe atomique !).
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Cette « menace nucléaire » remplit contre le régime iranien la même fonction que « les armes de destruction massive »
contre Saddam Hussein. Elle ne vise probablement pas la guerre, que les États-Unis seraient incapables de mener sur un
troisième front, mais à amener l’Iran à accepter les conditions de réconciliation avec les États-Unis les plus
favorables à ceux-ci.
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L’argument que l’Iran représenterait une menace pour la région n’en est pas moins cynique de la part des puissances
impérialistes. D’abord parce qu’elles-mêmes et leurs alliés dans la région disposent de ces armes nucléaires
qu’elles interdisent à l’Iran. Ensuite parce que, comme l’affirmait Chirac, un missile iranien porteur d’ogives
nucléaires aurait à peine le temps de décoller qu’il serait déjà détruit par les systèmes antimissiles déployés dans
la région par les grandes puissances et par Israël. Enfin, et surtout, au cours du siècle passé, on n’a jamais vu l’Iran
menacer les puissances occidentales, alors que celles-ci y sont intervenues, directement ou indirectement, à plusieurs
reprises. En 1941, c’est l’armée britannique qui a envahi le pays, en association avec l’Union soviétique, pour
renverser le chah, soupçonné de vouloir maintenir la neutralité du pays dans la guerre. En 1953, c’est la CIA qui a
orchestré le renversement du Premier ministre Mossadegh qui avait voulu nationaliser le pétrole iranien, dominé à
l’époque par le trust Anglo-Iranian Oil Company, devenu par la suite British Petroleum (BP). Et, en 1980, l’agresseur
était Saddam Hussein avec l’appui des États-Unis.
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En Afghanistan, les armées coalisées sous l’égide des États-Unis sont dans une situation qui ressemble bien à un
enlisement. La comédie électorale pour donner un caractère démocratique au régime de Karzaï, nommé par la coalition
occidentale, est en train de tourner à la farce. C’était de toute façon une pseudo-élection faite pour l’opinion
publique occidentale, afin de donner à l’intervention impérialiste les allures d’une intervention pour la démocratie.
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C’est une vieille recette de toute intervention impérialiste, qui n’a évidemment jamais lieu pour imposer une domination
ou pour protéger un pillage, mais au nom de la paix, de la démocratie ou de la civilisation. Mais, pour naïve que soit
l’opinion publique occidentale, informée par une presse qui dit ce qu’elle a envie de dire, le conte de fées d’une
démocratie en marche en Afghanistan a du mal à passer.
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L’impérialisme français tient à manifester sa présence dans la région en auxiliaire de l’impérialisme américain. Quoi
qu’en disent les ministres, c’est une guerre de brigandage avec la peau des soldats et, bien plus, celle de la population
afghane.
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Reste en résultat de l’intervention des troupes occidentales, un régime corrompu jusqu’à la moelle et dont le pouvoir ne
dépasse pas les limites de la ville de Kaboul… et encore.
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Restent également des structures sociales anachroniques auxquelles les grandes démocraties d’Occident n’ont pas touché,
marquées par le clanisme, l’oppression des femmes, le pouvoir religieux.
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Reste surtout une population maintenue dans la misère, le pays étant un des plus pauvres du monde, auquel l’intervention
occidentale n’a apporté, en guise de modernité, que les avions de combat qui passent dans le ciel pour larguer leurs bombes
et, en guise d’aide matérielle, que les retombées pour le commerce local des sommes dépensées pour assurer la présence
des troupes occidentales.
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C’est l’hostilité croissante à l’égard des troupes d’occupation qui favorise la multiplication et le renforcement des
groupes de guérilla armée regroupés sous le nom générique de « talibans ». Désignation fausse dans sa généralité car
tous ceux qui combattent les troupes occidentales et le régime de Karzaï ne se revendiquent pas de l’ancien régime
encadré par ces étudiants en religion que sont les talibans.
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Le régime de Karzaï retrouve en face de lui les milices des différents seigneurs de guerre dont chacun a son fief régional.
Incapables de les combattre, le régime et, derrière lui, les puissances occidentales composent avec, tentent de les jouer les
uns contre les autres, les renforçant par la même occasion. Dans ce jeu complexe en direction des chefs de guerre, il n’est
d’ailleurs pas dit que les troupes d’occupation occidentales et Karzaï jouent la même partition. Il n’est même pas dit
que les différentes troupes d’occupation jouent le même jeu.
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Si, pour l’Irak, la perspective d’un retrait des troupes d’occupation est envisagée sans être réalisée, dans le cas de
l’Afghanistan, non seulement elle n’est même pas envisagée, mais il est question d’y envoyer des troupes
supplémentaires. Devant la réalité de l’enlisement occidental, illustré par le fait que la guérilla contrôle les trois
quarts au moins du territoire national et qu’elle multiplie les opérations à l’intérieur même de Kaboul, les
États-Unis sont engagés dans une fuite en avant, envisageant un accroissement de leur présence militaire. Ça ne leur avait
pas réussi au Vietnam. Reste la question de savoir jusqu’où l’opinion publique américaine acceptera sans réaction
massive le retour au pays de cercueils de soldats.
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D’Obama à Brown en passant par Sarkozy, tous les dirigeants cherchent à convaincre leur opinion publique de l’importance
de cette guerre, qui est en passe de devenir un foyer d’infection pour toute la région.
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À commencer par le Pakistan. Les services secrets de ce pays, grand allié des États-Unis et détenteur de la bombe atomique,
ont joué un rôle considérable au temps de l’occupation soviétique de l’Afghanistan pour former et pour armer les
seigneurs de guerre combattant l’armée d’occupation de l’époque, ainsi que les talibans. Leur politique passée se
retourne contre eux comme un boomerang. Toute la zone frontière du Pakistan mitoyenne de l’Afghanistan est sous la loi des
groupes armés à base religieuse ou ethnique pachtoune. Malgré les interventions répétées de l’armée pakistanaise pour
reconquérir son propre territoire avec le soutien des États-Unis, l’instabilité déborde la zone frontière et menace
l’ensemble du Pakistan.
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À part quelques discours en direction des dirigeants des pays arabes, il n’y a aucun changement visible dans la politique
américaine sur la question palestinienne.
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Les États-Unis, comme toutes les grandes puissances, ont laissé l’aviation israélienne pilonner Gaza pendant plusieurs
semaines cet hiver 2008-2009.
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Le gouvernement Netanyahou, mis en place en février 2009, est un des plus à droite, un des plus réactionnaires, un des plus
ouvertement hostiles au peuple palestinien qu’il y ait eu depuis longtemps. Il continue l’implantation de nouvelles
colonies juives en Cisjordanie, la consolidation du honteux mur qui concrétise toute une politique d’apartheid entre les
deux peuples, et il multiplie les mesures qui ne peuvent être considérées par le peuple palestinien que comme des
provocations permanentes.
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Il faut rappeler que cette politique a été menée par tous les gouvernements israéliens au nom de la sécurité d’Israël
et de son peuple. Elle a creusé un fossé de sang et de haine entre les deux peuples, elle a aggravé l’oppression du peuple
palestinien et rendu sa situation matérielle intenable, elle a conduit au renforcement du Hamas au sein du mouvement
palestinien, et à l’éclatement d’une entité palestinienne déjà morcelée entre Gaza et la Cisjordanie, mais sans même
améliorer la sécurité d’Israël. Le bombardement de Gaza, comme la multiplication des colonies en Cisjordanie, l’infamie
du mur de séparation, comme celle de la répartition de l’eau qui, en limitant à vingt litres par jour et par personne le
quota réservé aux Palestiniens de Cisjordanie, est en train de les assoiffer, ne peuvent qu’alimenter les actions y compris
les plus désespérées venant de la population palestinienne.
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Sur le continent africain, si certains foyers de guerre se sont éteints, au moins momentanément – au Liberia ou en Sierra
Leone –, d’autres ont pris leur place. Une partie du Soudan, le Tchad ou la Somalie sont en état de guerre. Sans parler
des guerres internes sur des bases ethnistes ou religieuses qui déchirent avec plus ou moins d’intensité le Nigeria, le
Niger, la Guinée-Bissau, la Mauritanie. Quant à la Côte d’Ivoire, si une sorte de paix armée a succédé à la guerre
ouverte par le putsch militaire de septembre 2002 entre le Nord et le Sud, le pays n’est toujours pas unifié.
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La détérioration de la situation économique ne pourra que multiplier et intensifier les conflits. Conséquence de la
pauvreté dans les régions où la possession d’un fusil est un moyen de survie, la multiplication des bandes armées est un
facteur aggravant de la pauvreté.
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L’Afrique noire, qui avait en son temps subi dans sa chair l’ascension de la bourgeoisie d’Europe occidentale par le
trafic d’esclaves, par le dépeuplement, est le continent qui paie sans doute le plus cher la perpétuation de
l’impérialisme décadent d’aujourd’hui.
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La République démocratique du Congo, ex-Zaïre, troisième pays d’Afrique par l’étendue et le plus riche par la variété
du trésor minéral que renferme son sous-sol, résume à elle seule le destin de l’ensemble du continent. Un rapport
d’enquête, établi par le Sénat congolais et rendu public ce mois d’octobre à Kinshasa, constate que l’État de ce
pays est dans l’incapacité totale de seulement recenser les sociétés minières qui opèrent sur son territoire et encore
moins d’en retirer des recettes fiscales. En fait, un grand nombre de grandes sociétés occidentales sont présentes sur son
territoire pour exploiter, directement ou indirectement, le cobalt, le cuivre, l’or, l’argent, le diamant, le coltan, qui
partent vers l’industrie des pays développés sans la moindre retombée non seulement pour la population locale, mais même
pour l’État du Congo. Tout au plus bénéficient un peu des retombées de ces richesses les multiples chefs de guerre qui
servent de vigiles aux trusts qui pillent le pays. L’écrasante majorité des quelque soixante-dix millions d’habitants
« vit – pour reprendre l’expression du journal Le Monde – dans des conditions infra-humaines, victime
des guerres locales, victime de la gabegie politique et administrative, victime surtout du pillage du pays ».
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L’investiture au Gabon d’Ali Bongo pour succéder à son père Omar Bongo, dictateur de ce pays pendant 42 ans, sous les
applaudissements chaleureux du gouvernement français, ainsi que les derniers rebondissements du procès dit de l’Angolagate,
rappellent la présence active et le rôle peu reluisant de la France dans ses anciennes colonies d’Afrique, et même
au-delà.
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Il n’y avait certes pas à attendre de Sarkozy qu’il abandonne, comme il prétendait le faire en arrivant au pouvoir, la «
Françafrique », les liens étroits noués entre les dictatures ou les régimes plus ou moins autoritaires de l’ex-empire
colonial et nombre de dirigeants politiques et hauts fonctionnaires de l’État français. Chacun y trouve son compte, les
dictateurs d’Afrique une protection et une reconnaissance diplomatique internationale, et l’impérialisme français des
commandes, des marchés, une zone d’influence, sans parler des petites retombées pour des clans et des hommes politiques,
les dirigeants africains sachant être généreux avec l’argent extorqué à leurs peuples. À défaut d’autre chose, le
procès de l’Angolagate a levé un coin du voile sur ce petit milieu où se côtoient des hommes politiques, de droite
comme de gauche, un ancien ministre, un ex-préfet, des trafiquants d’armes, des hommes d’affaires véreux, assaisonnés de
quelques écrivains et essayistes à succès. Les millions encaissés par les uns et par les autres ne sont cependant que des
miettes du profit tiré des populations parmi les plus pauvres du monde et du pillage du continent.
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Si la mainmise sur l’économie de la plupart de ces pays ne procure plus au grand capital français qu’une fraction de ses
profits globaux, ce que cela représente n’est pas négligeable pour quelques dynasties capitalistes du genre Bolloré,
Bouygues, Michelin, Pinault, Saadé, Aga Khan et quelques autres, et pour quelques-unes des plus grandes entreprises du
CAC 40, Total, Areva, Air France, Eramet, Vinci ; pour des banques comme la BNP, la Société Générale ou le Crédit du
Nord, sans parler des marchands d’armes.
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Pour protéger ses intérêts, l’État français déploie actuellement en Afrique quelque dix mille militaires. La moitié
stationnent dans des bases permanentes à Djibouti, au Sénégal et au Gabon, les autres participent aux opérations militaires
aux noms poétiques de « Licorne » en Côte d’Ivoire et « Épervier » au Tchad. Sans parler des militaires français
participant, voire structurant la force européenne présente également au Tchad et en République centrafricaine.
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Au Tchad, l’armée française maintient à bout de bras le dictateur Déby qu’une opposition armée faillit renverser par
deux fois, n’eût été l’intervention de l’aviation française.
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En Côte d’Ivoire, l’armée française déploie quelque quatre mille soldats, théoriquement en tant que force
d’interposition entre les deux bouts opposés de l’ancienne armée ivoirienne, l’armée dite loyale occupant le sud du
pays, où réside le gouvernement légal, et l’armée rebelle qui occupe le Nord. Depuis qu’un accord est intervenu entre
Gbagbo, président en titre de la Côte d’Ivoire, et Soro, le chef politique de la rébellion du Nord, consacré par le fait
que le second est devenu le Premier ministre du premier, toute la caste politique se prépare à une élection présidentielle
censée liquider la sécession, rétablir l’unité du pays et, plus important encore pour l’impérialisme français,
l’unité de l’armée.
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Repoussée à plusieurs reprises, cette élection a été « définitivement » fixée au 29 novembre 2009. À l’heure où
nous écrivons, tout indique cependant que la date sera, une fois de plus, repoussée, moins sans doute en raison de la lenteur
invoquée du recensement et de la distribution des cartes électorales qu’en raison de la résistance de quelques chefs
militaires rebelles qui se sont taillé des fiefs profitables. « Ils exploitent et exportent les ressources naturelles,
dont le cacao, le coton, le bois, la noix de cajou, l’or et les diamants », souligne un rapport tout récent de l’ONU.
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Gbagbo, de son côté, bénéficie de ces reports d’élection – la présidentielle aurait dû avoir lieu en 2005 – car en
attendant il continue à occuper le palais présidentiel.
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Et, « intérêt supérieur de la Nation » ou pas, ceux qui se sont taillé un fief n’ont envie de l’abandonner que
moyennant des dédommagements conséquents. Les bourgeoisies, ivoirienne comme française, ont les serviteurs qu’elles
méritent.
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Mais les foyers de tension où le feu couve sous la cendre avec la menace de s’embraser ne se limitent pas aux deux tiers
sous-développés de la planète. En Europe, si l’un des États issus de la décomposition de la Yougoslavie, la Slovénie, a
été intégré à l’Union européenne et même à la zone euro ; si un autre, la Croatie, est en voie de s’y acheminer, la
Bosnie, d’un côté, et le Kosovo, de l’autre, sont loin d’avoir trouvé la stabilité que prétendaient leur apporter
les puissances occidentales tutélaires.
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La Bosnie, un protectorat déguisé, sous la tutelle d’un « haut représentant », est paralysée sur le plan institutionnel,
quatorze ans après les accords de Dayton. Elle reste fracturée entre deux entités, une « République serbe » et une «
Fédération croato-musulmane », pratiquement indépendantes. La première est dirigée par le clan politico-mafieux de son
chef de gouvernement qui n’entend pas abandonner la mainmise sur son fief. La seconde est elle-même une entité composite
avec une séparation ethnique officielle.
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Le Kosovo, dont l’indépendance n’a pas été reconnue par un grand nombre d’États, dont la Russie, mais aussi
l’Espagne, etc., est de son côté déchiré entre sa majorité albanaise et sa minorité serbe. Les conflits politiques
profitent, là encore, à la criminalité organisée et aux trafics de toutes sortes.
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La division de l’ex-Yougoslavie, que la diplomatie internationale justifie par le principe des nationalités, a réussi cette
performance que, malgré le morcellement étatique, ou à cause de lui, deux au moins des questions nationales qui taraudent la
région depuis les guerres balkaniques du début du siècle dernier, la question serbe et la question albanaise, n’ont
toujours pas été résolues.
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Si c’est toujours en ex-Yougoslavie que les tensions nationales, voire ethniques ou religieuses, sont les plus visibles,
c’est toute l’Europe centrale qui en est minée. Partout dans les ex-Démocraties populaires, la crise et la pauvreté qui
monte avivent les tensions entre peuples.
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Dans toute cette partie de l’Europe, les frontières ont été tracées par les puissances impérialistes victorieuses de la
Première Guerre mondiale en fonction de leurs intérêts, puis retracées par les accords de Yalta et de Potsdam pendant ou au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sans jamais se préoccuper des intérêts ni même de l’identité des peuples qu’on
morcelait ou regroupait de force avec d’autres. La plupart de ces États sont composites avec une ou plusieurs minorités
nationales qui servent tout naturellement de cibles aux démagogues d’extrême droite.
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À ces minorités nationales s’ajoutent les Roms, présents partout et qui, partout, constituent la fraction la plus pauvre,
la plus opprimée, de la population, celle aussi qui est la cible privilégiée des groupuscules fascisants. Les récentes
élections européennes ont confirmé la montée des extrêmes droites jouant sur la démagogie chauvine à l’égard des
minorités nationales, raciste à l’égard des Roms.
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Outre les idées abjectes qu’ils véhiculent, les groupes d’extrême droite qui commencent à avoir pignon sur rue
représentent une menace même physique pour les travailleurs. La classe ouvrière représente dans ces pays une force
numériquement importante, concentrée souvent dans de grandes usines datant de l’époque des Démocraties populaires, et qui
n’ont pas toutes été abandonnées ou démantelées depuis.
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Aussi bien la classe ouvrière polonaise que celle de l’ancienne Tchécoslovaquie, de Hongrie ou de Roumanie ont de riches
traditions de lutte. Ces classes ouvrières, naguère exploitées et opprimées sous des régimes qui se prétendaient
socialistes, continuent à l’être au profit des capitaux privés sous des régimes le plus souvent très réactionnaires et
sont sans doute plus désorientées encore que la classe ouvrière occidentale. Mais la gravité de la crise menace
d’entraîner des explosions sociales dangereuses pour la bourgeoisie de ces pays qui a la morgue des nouveaux riches et,
derrière elle, pour le grand capital occidental qui domine l’économie de ces pays.
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C’est dans ce contexte que le développement des groupes d’extrême droite, avec l’anticommunisme pour drapeau et un
verbiage chauvin, mobilisables pour « casser des grèves », représente un danger pour les travailleurs.
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L’économie de la Russie et son budget ont été portés après 2000 par les prix élevés du pétrole et du gaz et de
quelques autres matières premières. Les hydrocarbures représentant plus de 50 % des exportations, les métaux et les
produits métalliques près de 20 %, les cours élevés de ces matières premières ont permis à la Russie de se désendetter
et de se constituer des réserves qui se sont montées à 600 milliards de dollars en août 2008 (enrichissant au passage les
oligarques qui ont réussi à mettre la main sur ces secteurs). Poutine se vantait en novembre 2008 que « l’économie sera
protégée des actions externes brutales par nos réserves internationales ». En réalité, ces réserves ont fondu en
quelques mois, tombant à 370 milliards de dollars en 2009.
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Ce qui avait été un avantage pour la Russie est devenu un handicap avec la crise et avec la fluctuation des prix du gaz et du
pétrole. L’économie productive a été sérieusement touchée, avec une chute de la production industrielle de 9 % en
novembre 2008, de 10 % en décembre 2008 et de 16 % en janvier 2009, par rapport à l’année précédente.
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S’il n’y a certes pas à s’apitoyer sur le sort des grands oligarques de l’économie russe liés au cercle du pouvoir
politique – un Deripaska devenu, avec la protection de Poutine, le roi de l’aluminium, aurait ainsi perdu vingt milliards
de dollars –, les conséquences de la crise ont pris une tournure originale du fait du passé soviétique.
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Un des fondements de l’économie planifiée de l’Union soviétique était le développement de très grandes entreprises
spécialisées dans une seule production – comme, par exemple, l’usine d’automobiles AvtoVaz avec ses cent deux mille
ouvriers (dont Renault détient aujourd’hui un quart des actions) – entraînant le développement autour d’elles de
villes mono-industrielles. Malgré l’évolution de l’économie ex-soviétique au cours des vingt dernières années,
malgré les transformations juridiques intervenues avec bien des fluctuations, la structure fondamentale de l’ensemble de
l’économie russe reste marquée par cette spécificité datant de la planification. D’après les chiffres les plus
récents (source Le Monde), au moment où se déclenchait la crise, 40 % du produit intérieur brut de la Russie
étaient générés par ces villes mono-industrielles, c’est-à-dire tournées vers un seul type de production et une seule
entreprise.
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La Fédération russe compte quatre cents de ces villes mono-industrielles, regroupant vingt-cinq millions de personnes. De
plus, la planification avait permis à l’époque de faire surgir de telles villes, même dans les régions les plus
inhospitalières du pays. Le présent comme l’avenir de ces entreprises, comme des villes auxquelles elles ont donné
naissance, dépendaient et dépendent encore de leur intégration dans un tissu industriel à l’échelle de l’ensemble du
pays. Cela était par nature assuré par l’économie planifiée. Mais cela multiplie et aggrave les problèmes, maintenant
que les liens établis dans le cadre de l’économie planifiée sont rompus.
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Lorsque la crise frappe une de ces entreprises, cela n’est pas seulement dramatique en raison de la menace de licenciements
qui pèse sur une partie des travailleurs, mais aussi parce que l’entreprise et la ville vivent en symbiose : souvent,
c’est l’usine qui produit aussi l’électricité et le chauffage pour toute la population et assure un certain nombre de
services sur le plan social (colonies de vacances pour les enfants, cantine accessible aux familles, soins…).
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Le risque multiplié d’explosions sociales dans ces conditions explique la prudence des dirigeants politiques comme de la
direction des entreprises elles-mêmes qui, sous la pression de cette menace, préfèrent réduire le temps de travail, imposer
des périodes plus ou moins longues de chômage technique, plutôt que de fermer les entreprises.
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Grâce à la surexploitation de ses travailleurs, l’État chinois a amassé des réserves de change de près de deux mille
milliards de dollars qui en font un des principaux détenteurs de devises américaines, derrière les États-Unis bien
évidemment. L’interdépendance financière que cela implique entre les deux pays conduit à toutes sortes de fantasmes
présentant la Chine comme le pays dont le dynamisme sortira l’économie capitaliste mondiale de la crise, voire comme le
futur grand de l’économie mondiale, pour ainsi dire à l’égal des États-Unis. Mais c’est oublier que cette
interdépendance est celle qui lie un pays développé, avec un marché intérieur puissant et un système financier qui
l’est encore plus, à un pays sous-développé qui, bien que près de quatre fois plus peuplé, a un marché intérieur
limité par la pauvreté de la majorité de sa population.
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Si la Chine est devenue, comme il est coutumier de le dire, « l’atelier du monde », cet atelier ne produit qu’en partie
pour la population chinoise. De plus, les entreprises qui produisent en Chine sont bien souvent des sous-traitants de capitaux
japonais, américains, taïwanais ou autres.
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La Chine d’aujourd’hui, c’est, d’un côté, les quartiers ultramodernes de Shanghai ou de Pékin, le faste et les
lumières des Jeux olympiques et, de l’autre côté, l’immense majorité des campagnes où on vit misérablement et où la
population est soumise à des roitelets locaux issus de la bureaucratie de l’État ou du parti.
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La crise elle-même a l’air, pour le moment, d’accélérer les tendances en cours depuis plusieurs années. D’un côté,
la Chine s’est hissée au deuxième rang des pays qui comptent le plus grand nombre de milliardaires, derrière les
États-Unis. Ces derniers en auraient 359, la Chine 130 qui, d’après des chiffres donnés par Le Monde, cumuleraient
571 milliards de dollars (un sixième du PIB chinois). De l’autre côté, les retombées de la crise auraient conduit déjà
au renvoi chez eux, c’est-à-dire vers la misère des campagnes, plusieurs dizaines de millions de travailleurs venus chercher
du travail et un salaire dans les mégapoles chinoises.
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Les commentateurs à la recherche de sensationnel n’ont cependant peut-être pas tort de penser que c’est dans ce pays que
se décidera l’avenir du monde. Non pas à cause du nombre de milliardaires chinois qui font, paraît-il, depuis quelques
années la fortune des industriels du luxe et des producteurs de champagnes et de cognacs à dix mille euros la carafe ! Mais
en raison de l’importance numérique croissante du prolétariat chinois.
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Sous la direction d’un parti qui se dit aujourd’hui encore communiste, la Chine est devenue, à en croire les spécialistes
de ce genre de comparaisons, le pays aux inégalités sociales les plus criantes, juste derrière le Brésil, un peu avant
l’Afrique du Sud (encore qu’en la matière, il y a bien d’autres concurrents pour ce peu reluisant palmarès). Avec le
développement de ces inégalités, la Chine est peut-être en train d’accumuler les matières explosives qui feront exploser
les structures économiques et sociales du pays. Et, étant donné son poids dans le monde, peut-être au-delà.
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C’est aussi le pays où se fait sans doute sentir de la façon la plus cruelle l’absence d’un parti politique
représentant les intérêts du prolétariat.
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Dans ce pays immense par sa taille et, plus encore, par sa population, le seul facteur d’unification est un appareil d’État
puissant, entièrement au service de la classe privilégiée. Face à cette centralisation, les explosions, même violentes mais
dispersées, étalées dans le temps, sont impuissantes.
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Mais, en d’autres temps, dans les années vingt, la classe ouvrière chinoise, infiniment moins nombreuse qu’aujourd’hui,
avait été capable de faire surgir de ses rangs un parti communiste. La clé de l’avenir est certainement dans sa capacité
à faire surgir un nouveau parti véritablement communiste qui soit capable d’engager la guerre au nom de la classe ouvrière
chinoise contre la nouvelle bourgeoisie et la bureaucratie d’État liée à cette dernière.
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Depuis plusieurs années, la situation d’oppression dans certains pays pauvres, les guerres locales et, bien plus encore, la
pauvreté, voire la famine, poussent à la migration un nombre croissant de personnes. Ces migrations ne se limitent pas à des
migrations d’Amérique latine ou des Caraïbes vers les États-Unis ou le Canada, ou d’Afrique vers l’Europe, mais elles
vont aussi de l’Est européen pauvre vers la partie occidentale riche du continent ou de l’Indonésie, des Philippines, de
la Malaisie vers les pays pétroliers du Moyen-Orient.
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La migration est devenue, de voie de survie individuelle, un moyen de survie pour des régions, voire des pays entiers. Un
récent rapport sous l’égide de l’ONU vient de découvrir que les travailleurs émigrés africains transféraient avant la
crise, chaque année, l’équivalent de quarante milliards de dollars dans leurs pays d’origine. Une somme sans comparaison
avec les sommes misérables que l’on désigne sous les vocables « d’aides aux pays pauvres » ou « d’aides au
développement ». C’est grâce à ces transferts que survit une partie importante de la population des pays d’où sont
originaires les travailleurs migrants. Mais ce sont également ces transferts qui permettent aux communautés villageoises de
réaliser un certain nombre d’équipements collectifs, des écoles élémentaires,etc.
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La diminution des sommes transférées du fait de la crise et du chômage qui frappe les travailleurs migrants est
catastrophique pour ces pays. Ces transferts ne concernent pas seulement la migration africaine. Pour certains pays d’Asie ou
même d’Europe, ces transferts représentent un montant considérable par rapport à leur produit intérieur brut : 45 % pour
le Tadjikistan, 38 % pour la Moldavie, parmi bien d’autres.
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Le développement de ces migrations est un des aspects de la mondialisation sous l’impérialisme. Mais alors que
l’impérialisme a unifié le monde pour les déplacements de capitaux et de marchandises, il multiplie les obstacles devant
les déplacements des personnes alors que c’est précisément l’impérialisme qui pousse aux migrations en creusant
l’écart entre les pays riches et les pays pauvres, en imposant les contrecoups de sa crise financière sur les prix des
produits alimentaires.
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Au moment où les sphères dirigeantes du monde impérialiste fêtent bruyamment l’anniversaire de la chute du mur de Berlin,
d’autres murs sont érigés dans le monde, pour des raisons politiques comme celui séparant la population d’Israël des
Palestiniens, ou pour des raisons économiques comme les barrières électrifiées à la frontière entre les États-Unis et le
Mexique, ou encore à une des frontières sud de l’Europe, à Ceuta et à Melilla, sans parler des frontières Schengen
installées aux limites orientales des pays de l’Est récemment intégrés.
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Mais les pires frontières ne sont pas celles qui sont matérialisées par du béton ou des barbelés. Ce sont celles qu’on
installe dans les esprits par des politiques rétrogrades, menées par tous les pays impérialistes en matière
d’immigration, décrivant la migration comme un phénomène menaçant qu’il faut empêcher ou du moins filtrer.
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La politique migratoire partagée par tous les gouvernements de l’impérialisme pourrissant est un retour en arrière même
par rapport à l’époque de l’impérialisme naissant.
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Rappelons que ce qu’on appelle parfois la première mondialisation à la fin du 19e siècle et au début du 20e a été
marquée par des mouvements migratoires massifs de l’est et du sud de l’Europe vers la partie occidentale du continent, et
plus encore d’Europe vers les États-Unis. Tout en provoquant ces déplacements de populations, l’impérialisme n’avait
pas encore inventé tous les obstacles physiques ou administratifs pour les empêcher, ni la notion même de « sans-papiers
».
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Rappelons aussi que le mouvement ouvrier de l’époque, que l’Internationale socialiste encore révolutionnaire,
considéraient ces migrations et le mélange des populations ouvrières qui en résultait comme quelque chose de positif et
même un des fondements de l’internationalisme de la classe ouvrière.
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Les grands partis ouvriers de l’époque œuvraient pour que les travailleurs du pays de destination accueillent les
travailleurs migrants, pas seulement pour faciliter leur intégration, mais aussi pour les éduquer et leur transmettre le
meilleur des traditions du mouvement ouvrier. Ils combattaient toutes les tentatives du patronat, qui n’était pas meilleur
qu’aujourd’hui, pour dresser les travailleurs les uns contre les autres. Et ils le faisaient non seulement en invoquant des
principes, mais aussi en luttant pour que les travailleurs migrants aient les mêmes salaires et les mêmes conditions
d’existence que leurs camarades autochtones.
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Et c’est bien un des signes de la dégénérescence de ces ex-grands partis ouvriers que, lorsqu’ils sont au gouvernement,
ils mènent la même politique réactionnaire que la droite, dans ce domaine comme dans bien d’autres.
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Pour des militants communistes révolutionnaires, l’internationalisme n’est pas seulement une question de solidarité
humaine élémentaire – bien que ce soit aussi cela.
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Tout comme la bourgeoisie portait en elle-même, à l’époque où elle était révolutionnaire, l’idée de nation, le
prolétariat porte l’idée d’unification de la planète, tout simplement parce que le communisme n’est possible qu’à
cette échelle. Le « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » n’est pas seulement un slogan résumant la
nécessité pour tous les travailleurs de s’unir par-delà leurs origines face à la classe capitaliste. C’est, plus
encore, l’affirmation que le monde futur débarrassé de l’exploitation, de la propriété privée des moyens de
production, du profit et de la concurrence, où une économie planifiée et démocratiquement contrôlée pourra fonctionner,
selon l’expression de Marx, « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », ne pourra être
réalisé que par le prolétariat mondial
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