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Les commentateurs n’ont pas lésiné sur les superlatifs pour parler de l’événement historique que serait l’élection de
Hollande à la présidence de la République. Pensez donc : c’est la première fois qu’un candidat du Parti socialiste
accède à la présidence depuis l’élection de Mitterrand en 1981 avec, dans cet intervalle de trente et un ans, le triste
épisode du candidat socialiste Jospin qui, en 2002, après cinq ans à la tête du gouvernement, s’était tellement
déconsidéré qu’il fut éliminé dès le premier tour en cédant à Le Pen la place qu’il convoitait au deuxième tour.
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Que l’événement soit historique pour les naïfs et pour ceux pour qui l’histoire se réduit à leur ambition personnelle,
soit. Il l’est assurément pour les « éléphants » du Parti socialiste qui rongent leur frein depuis longtemps et pour
leur clientèle. Il l’est encore pour tout ce petit monde dont la carrière est due à ses liens avec le pouvoir politique,
par exemple les patrons des entreprises nationalisées. Mais pour l’écrasante majorité de la population, sûrement pas !
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Et pas seulement parce qu’il est évident pour tout le monde que, dans une situation marquée par la crise économique et les
soubresauts financiers, les épisodes électoraux ne sont que des épiphénomènes. Il est patent que les dirigeants politiques
ne maîtrisent rien dans cette situation économique, que leur étiquette n’y change rien et que toute leur agitation n’est
que du faux-semblant.
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De plus, dans le cas de l’élection de Hollande, même sur le strict terrain politique, il ne s’agit pas d’un glissement
à gauche. Hollande a su chevaucher l’anti-sarkozysme ambiant et compléter les voix de l’électorat de gauche, minoritaire
dans le pays, par d’autres venant du centre, voire de l’extrême droite.
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Mitterrand, déjà, était arrivé à la présidence non pas en tant qu’expression et encore moins point culminant d’une
poussée politique vers la gauche. Au contraire, son arrivée au pouvoir fermait définitivement la période
post-soixante-huitarde. Mais, après vingt-trois ans de pouvoir de la droite, que Mai 1968 n’avait pas interrompu mais
conforté sur le plan électoral, Mitterrand avait suscité des illusions qui s’appuyaient de surcroît sur un programme
électoral à côté duquel celui de Mélenchon est à l’eau de rose.
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Rien de tel avec Hollande. Tout ce qu’on peut dire de son succès électoral, c’est qu’il était là au bon moment dans un
contexte où Sarkozy était rejeté pour toutes sortes de raisons tout à fait contradictoires et que, de plus, le candidat
socialiste a eu la chance de sa vie avec les « aventures » de Strauss-Kahn. Si son élection est historique, c’est que
l’histoire passe décidément par de bien étranges voies…
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De par la façon dont elle s’est déroulée, l’élection de Hollande n’a pas été un événement historique. Elle peut
cependant le devenir, en tout cas en tant que repère chronologique, tout à fait indépendamment des faits et gestes de
Hollande.
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Le fait que Hollande arrive au pouvoir – ce candidat « normal » d’une gauche « normale », c’est-à-dire
incapable même de susciter des illusions dans l’électorat populaire – peut n’être que l’expression ultime de
l’évolution réactionnaire des choses. Mais le simple fait qu’il se dise socialiste, si peu que cette étiquette puisse
signifier aujourd’hui quant à ses liens avec le mouvement ouvrier, peut changer les données politiques et être à
l’origine d’une nouvelle phase de l’évolution dans le sens réactionnaire.
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Mais l’histoire de cette nouvelle phase ne sera pas écrite par Hollande, ni même par le Parti socialiste s’il obtient une
majorité aux élections législatives. Elle sera écrite par l’évolution de la crise elle-même.
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La gauche au gouvernement dans un contexte de crise
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Bien qu’elle ait déjà entraîné des changements considérables dans les conditions d’existence de la classe ouvrière, la
crise économique en cours n’a peut-être pas encore connu sa phase la plus grave. Rappelons que la précédente grande crise,
celle qui avait suivi l’effondrement bancaire de 1929, s’était traduite par un recul de la production qui avait atteint
près de 50 % dans les deux pays capitalistes les plus puissants de l’époque, les États-Unis et l’Allemagne. Même en
France, bien que moins atteinte probablement en raison de son retard économique, de l’importance alors de l’agriculture
dans l’économie et de la paysannerie dans la société, le recul avait été important.
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Aucune crise économique n’est certes la copie de la précédente. Et, dans cette économie irrationnelle et anarchique, il
n’y a pas de régularité même dans le déroulement des crises. On peut toujours imaginer que, comme le répètent les
dirigeants politiques au pouvoir, le plus grave est derrière nous. Mais il faudrait être très naïf pour les croire.
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Les économies des grandes nations capitalistes tournent au ralenti, quand elles ne virent pas à la récession. Et, surtout, il
y a toujours l’instabilité financière, ces masses colossales de capitaux qui ne s’investissent pas dans la production et
qui sont censées rapporter du profit, au moins par les opérations financières. Une situation qui a déjà engendré bien des
soubresauts financiers et, en particulier, le grave soubresaut de septembre 2008 marqué par la faillite de la banque Lehman
Brothers qui a menacé d’aboutir à l’effondrement du système bancaire et auquel les États ont pu encore faire face en
s’endettant à mort. Mais, maintenant, ce sont les États eux-mêmes et leurs dettes qui font l’objet de spéculations avec
une ampleur sans précédent.
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Personne ne peut s’attendre à ce que Hollande puisse y faire face, et personne ne s’y attend.
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Tous les hommes de pouvoir s’y sont cassé les dents, ceux des petites nations emportées dans la tourmente comme la Grèce,
en perdant tout crédit. D’autres, les Zapatero ou Sarkozy, en perdant leur place.
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Si l’actuel cours des choses se poursuit, c’est-à-dire si ce sont les préoccupations financières qui continuent à
dominer, le montant de la dette servira de prétexte pour des politiques d’austérité de plus en plus virulentes. En France,
l’austérité de gauche remplacera l’austérité de droite.
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Pour les classes populaires, que l’austérité vienne de la droite ou de la gauche ne changera pas grand-chose sur le plan des
conséquences matérielles. Mais, sur le plan des conséquences politiques, cela recèle de nouveaux dangers. Car le simple fait
que ce soit un gouvernement de gauche qui prenne les mesures d’austérité profitera inévitablement à la droite et à
l’extrême droite.
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La droite dans l’opposition ne se gênera pas pour imputer la responsabilité de toute mesure d’austérité voulue par la
finance non seulement au Parti socialiste au pouvoir, mais aussi, bien plus largement, aux syndicats « trop
revendicatifs », aux « fonctionnaires qui coûtent cher », au coût de la main-d’œuvre, c’est-à-dire au montant
des salaires et des cotisations, au manque de compétitivité des entreprises du fait que les travailleurs ne travaillent pas
assez et exigent beaucoup, etc.
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Que l’on se souvienne sous quel angle Sarkozy a attaqué le candidat socialiste pour sa proposition de créer des emplois
supplémentaires dans l’enseignement. Ce serait la preuve que Hollande est incapable de résister aux exigences des syndicats
d’enseignants !
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Toute cette démagogie destinée à cette petite bourgeoisie possédante, si nombreuse dans ce pays, consolidera le poids
électoral de la droite et renforcera en son sein le poids de l’extrême droite. Plus grave pour les travailleurs, cela
entretiendra un climat hostile non seulement aux syndicats, aux organisations plus ou moins liées au monde du travail, mais
plus largement aux travailleurs en général, à commencer bien entendu par les travailleurs immigrés.
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L’exemple de la Grèce montre comment, dans cette situation de crise, avec l’impréparation du mouvement ouvrier organisé,
les choses peuvent aller vite. Il a suffi que les plans d’austérité imposés à la Grèce par les puissances dominantes
d’Europe déconsidèrent les grands partis qui se relayaient au pouvoir pour qu’un pantin aussi odieux que ridicule, à la
tête du parti Aube dorée, qui, aux élections précédentes, était loin de 1 %, se retrouve propulsé avec 7 % des voix sur
le devant de la scène politique, envoie des députés au Parlement grec et affiche ouvertement sa prétention d’expulser tous
les immigrés et de mettre au pas la classe ouvrière. Là encore, l’histoire ne se copie pas forcément à l’identique
d’un pays à l’autre, mais la crise peut faire surgir les mêmes monstruosités ici, en France.
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Les menaces politiques contre la classe ouvrière
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Cela signifie que, avant même que la classe ouvrière soit en situation d’imposer à la bourgeoisie les mesures
indispensables pour défendre ses conditions d’existence matérielles, elle sera peut-être mise devant une situation qui
nécessitera son intervention politique. Car il ne faut pas se leurrer. Ce ne sont pas la démagogie verbale et les rodomontades
d’un Mélenchon qui pourront arrêter une éventuelle montée de l’extrême droite virulente, ni même contrecarrer
l’agitation antiouvrière de la droite.
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Pour le moment, l’ambition de l’extrême droite, en tout cas telle que l’expriment ses dirigeants, est de lever
l’ostracisme qui la frappe de la part de la droite parlementaire, de faire élire des députés et, si l’UMP est déchirée
par des rivalités de chefs pour prendre la succession de Sarkozy, de lancer une OPA sur l’ensemble de la droite. Malgré les
déclarations des chefs de l’UMP qui continuent à exclure toute entente globale avec le parti d’extrême droite, de
multiples tractations locales sont de toute évidence en cours. Sarkozy parlait naguère d’une « droite
décomplexée ». Un certain nombre de députés de l’UMP sont d’autant plus « décomplexés » à l’égard du
Front national que le candidat local de celui-ci menace d’une triangulaire au deuxième tour. Jusque-là, on en est cependant
aux habituelles manœuvres du système parlementaire.
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Mais personne ne peut écarter l’éventualité que, dans le sillage du Front national ou en son sein, apparaissent des
courants plus radicaux prêts à passer de la parole aux actes et à s’en prendre physiquement aux travailleurs immigrés puis
au mouvement ouvrier organisé, à ses militants et, par là, à l’ensemble des travailleurs.
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Et, dans une telle éventualité, la force de l’extrême droite ne peut être arrêtée que par une force opposée, mais qui
se place sur le terrain des intérêts matériels et politiques de la classe ouvrière. En d’autres termes, lorsque la classe
ouvrière sera capable de se mobiliser non seulement pour imposer ses revendications matérielles pour défendre ses conditions
d’existence face à la crise, mais aussi pour défendre ses intérêts politiques et, par là même, pour offrir une
perspective à la société face à la faillite de l’économie capitaliste et à la décomposition de la société bourgeoise.
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Le tournant vers la « croissance » ?
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L’évolution des choses peut cependant prendre une autre voie. Des infléchissements apparaissent dans le discours d’un
nombre croissant de dirigeants politiques et de porte-voix de la classe capitaliste, autour de la nécessité d’une politique
de croissance. Il devient évident que les sommes extravagantes consacrées au remboursement de la dette et les politiques
d’austérité qui en découlent ajoutent de la crise à la crise, c’est-à-dire restreignent encore plus un marché qui est
déjà stagnant.
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Des banquiers, des économistes en vue, en fouillant dans le précédent de la crise de 1929, sont en train de tirer des
oubliettes Keynes et la politique keynésienne, à savoir une politique d’intervention plus massive de l’État, susceptible
de favoriser la consommation soit directement – la « prime à la casse » en est un exemple –, soit indirectement
par un étatisme accru pour relancer certaines activités économiques, notamment des programmes de grands travaux étatiques.
Une politique qui, sur le plan monétaire, serait inflationniste.
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Nous n’insisterons pas ici sur la difficulté de mener cette politique dans le cadre de la zone euro, qui dispose bien d’une
seule et même monnaie, l’euro, mais qui est composée de dix-sept États, avec dix-sept dettes publiques différentes et
dix-sept politiques économiques à coordonner. Si l’intérêt des plus puissants groupes capitalistes pousse dans ce sens,
ils trouveront bien une solution technique, quitte à imposer, aux plus faibles avec plus de brutalité qu’ils ne l’ont fait
à l’égard de la Grèce, la loi des deux puissances dominantes de la zone euro.
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Un infléchissement dans ce sens ne viendrait certainement pas de l’efficacité du discours de Hollande qui en a parlé
pendant la campagne, ni de sa petite personne, mais d’un infléchissement de la politique de la classe capitaliste elle-même.
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S’il se réalise, cet infléchissement ne serait pas plus favorable à la classe ouvrière que la politique d’austérité et
de restriction des dépenses. Une politique inflationniste est certes une façon plus indolore en apparence de faire payer les
classes exploitées, mais c’est une façon de les faire payer quand même.
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Qui dit inflation dit diminution permanente du pouvoir d’achat des catégories sociales qui, comme les salariés, ne sont pas
maîtres de leurs revenus.
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Mais une orientation dans ce sens, même si elle se faisait, devrait s’enraciner dans la situation présente marquée par
l’endettement faramineux des États. Les créanciers ne seront pas enclins à abandonner leurs créances sur l’autel de la
croissance. D’autant moins que ceux qui voudraient que les États relancent le marché sont les mêmes que ceux qui encaissent
les intérêts de la dette. Le plus probable est que les classes exploitées auront droit aux deux. On leur imposera des
sacrifices, c’est-à-dire des mesures d’austérité en prétextant la dette, tout en rognant leur pouvoir d’achat avec
l’inflation.
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Les conséquences sociales et politiques pourraient être les mêmes et renforcer la droite et l’extrême droite, avec un
langage de plus en plus antiouvrier.
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Pendant la grande crise des années trente, ce type de politique était plutôt le fait de la gauche au sens large, des
Démocrates aux États-Unis, des sociaux-démocrates en Europe. Encore que la politique économique de Hitler différait du New
Deal de Roosevelt moins par son contenu que par sa violence contre la classe ouvrière.
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La question du parti
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Quelle que soit la voie empruntée par la bourgeoisie face à la crise de son économie, elle reposera sur la violence au moins
économique contre la classe ouvrière. La classe ouvrière n’est, pour le moment, pas armée pour se défendre. Bouleverser
ce rapport de forces entre la classe ouvrière et la grande bourgeoisie nécessite un haut degré de combativité, mais aussi un
haut degré de conscience. Et qui dit conscience ouvrière dit parti pour l’incarner.
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Le courant communiste révolutionnaire est trop faible et trop en retard pour être à la hauteur des circonstances. Mais, là
encore, les choses peuvent aller très vite si ce courant n’abandonne pas ses idées et s’il les défend avec assez de
fermeté pour que les travailleurs, poussés à la lutte pour défendre leurs conditions matérielles, se tournent vers lui.
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Voilà pourquoi dans les élections législatives qui viennent, malgré le recul des traditions, des idées, des valeurs de
lutte de classe, ou précisément à cause de cela, nous préférons nous situer sur ce terrain, comme nous l’avons fait
pendant l’élection présidentielle.
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Les élections législatives sont, plus encore que la présidentielle, un épiphénomène malgré les efforts pour le dramatiser
de part et d’autre de l’échiquier politique. Chercher dans ces conditions des alliances à l’extrême gauche, dans
l’espoir de recueillir quelques fractions de pourcentage de voix en plus au prix de concessions multiples, n’a pas de sens.
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Si les liens entre le mouvement ouvrier et la gauche deviennent au fil du temps un souvenir historique, il en est plus encore
ainsi pour ce qui est de l’identification entre l’extrême gauche et le communisme révolutionnaire.
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Par un tout autre cheminement historique mais fondamentalement pour la même raison, la survie de l’impérialisme, la gauche
française n’en finit pas de se rapprocher de ce qu’est le Parti démocrate aux États-Unis, c’est-à-dire un parti qui,
tout en bénéficiant d’une certaine sympathie dans les milieux populaires, permet d’assurer l’alternance en jouant
pleinement le jeu des institutions de la bourgeoisie.
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Les petites alliances électorales, les additions arithmétiques ne sont certainement pas à la hauteur des circonstances et de
la nécessité de faire surgir un parti communiste révolutionnaire authentique, lié aux combats de la classe ouvrière et
déterminé à les pousser jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la révolution sociale et la prise de pouvoir par la
classe ouvrière.
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La question du parti ne sera certes pas résolue par l’activité d’un seul petit groupe. Elle ne le serait pas plus par
l’addition de plusieurs petits groupes aux idées disparates. À infiniment plus forte raison, elle ne le serait pas par
l’alignement de tous ces petits groupes d’extrême gauche derrière un courant réformiste comme celui incarné par le Front
de gauche, peinturluré de couleurs assez plaisantes pour seconder, dans une semi-opposition, le Parti socialiste au pouvoir en
cas de problèmes avec le monde du travail ; ou, le cas échéant, de le relayer mais toujours dans le cadre du système
institutionnel.
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Le parti communiste révolutionnaire surgira lorsque, mise devant la nécessité de faire face à l’offensive de plus en plus
virulente de la bourgeoisie sur le terrain matériel comme sur le terrain politique, la classe ouvrière fera surgir de ses
rangs des milliers, des dizaines de milliers de femmes et d’hommes prêts à consacrer leur existence à l’émancipation de
leur classe, à la révolution sociale.
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Les communistes révolutionnaires peuvent et doivent jouer leur rôle lorsque la lutte de classe produira une telle situation.
Mais la situation ne dépend pas fondamentalement d’eux. Ce qui dépend d’eux, et d’eux seuls, c’est de transmettre les
idées et le programme communistes révolutionnaires. Et cela commence par le refus de les brader pour de dérisoires compromis
afin de totaliser quelques pour-cent de plus dans le cadre d’une élection pour une future Assemblée croupion.
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11 mai 2012
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