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Intervention lors du meeting National du Zenith le 15 avril 2012
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Travailleuses, travailleurs, camarades et amis,
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Dans une semaine, le premier tour sera derrière nous, et avec lui, le droit accordé aux électeurs d’exprimer dans cette
élection présidentielle une opinion au plus près de leurs convictions. Oh ce droit est limité, encadré, mais il existe
quand même un peu au premier tour. En revanche, au deuxième tour, il ne restera que deux candidats, très probablement
Hollande et Sarkozy.
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Les règles du jeu électoral font que leurs discours respectifs se ressembleront plus encore que maintenant. Les instituts de
sondage prêtent quelque 30 % d’intentions de vote à chacun au premier tour. Hollande est à peu près sûr que
l’électorat de Mélenchon le rejoindra au second tour, ce qui l’amènera tout comme Sarkozy à tenter de séduire
l’électorat de Bayrou.
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Au-delà de leur étiquette et de la différence de style, ces deux politiciens professionnels se sont formés tout au long de
leur carrière pour servir, une fois élus, les intérêts de la classe qui domine cette société : la classe capitaliste.
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Toutes les institutions de la bourgeoisie, comme tous les grands médias, s’efforcent d’habituer l’opinion publique à
l’idée que seul le deuxième tour compte puisque c’est celui qui désignera le futur président la République.
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Mais j’appelle les électeurs des classes populaires à utiliser le premier tour pour exprimer non seulement leur rejet de
l’homme qui occupe aujourd’hui l’Élysée, mais aussi le rejet du système économique et social. Un système où ce sont
précisément ceux qui produisent et qui font tout fonctionner, qui vivent le plus mal, pendant que de riches parasites qui ne
font rien d’utile amassent des fortunes de plus en plus grandes.
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Sarkozy
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Oui, Sarkozy, on l’a vu à l’œuvre !
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Il a commencé son mandat en multipliant les cadeaux aux plus riches : allégements d’impôts sur les successions, sur les
investissements, sur la fortune. Et, avec la crise, l’unique souci de Sarkozy a été de sauver les banquiers, d’aider les
industriels à passer le mauvais cap. Tout ce que ces messieurs ont demandé, ils l’ont eu !
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Les travailleurs, en revanche, n’ont reçu que des coups. La « réforme des retraites » avec l’obligation pour les
salariés de travailler plus longtemps et pour une pension moindre. Des dizaines de milliers de suppressions d’emplois dans
les services publics, qui valent au gouvernement d’avoir été le plus grand licencieur du pays. Les plans d’austérité qui
ne disaient pas leur nom. Les innombrables coups de canif aux droits sociaux.
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De tout cela, Sarkozy est très fier et s’il est réélu, il nous promet de continuer au nom de la lutte contre les déficits
avec ce qui n’est rien d’autre qu’un troisième plan de rigueur.
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Avoir supprimé 80 000 postes dans l’éducation ne lui suffit pas, il veut continuer ! Oh, le manque de profs ne se voit
peut-être pas beaucoup à Neuilly, où les remplacements sont assurés et où l’on peut sans problème étudier avec trois ou
quatre élèves de plus par classe, mais pas dans les communes populaires où de plus en plus d’enfants ont des difficultés
et sont noyés dans des classes de 25 ou 30. On dit de ces élèves qu’ils sont en échec, et parfois même qu’ils ne sont
pas faits pour ça. Mais c’est l’école qui les rejette et qui les exclut !
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Sarkozy promet aussi de nouveaux sacrifices dans la santé. Mais des milliers de postes de personnel hospitalier ont déjà
été supprimés avec pour conséquences des milliers de lits d’hôpitaux en moins, la fermeture de services entiers de
maternités ! Oui, se soigner coûte de plus en plus cher et c’est devenu un problème pour beaucoup.
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Je n’ai pas l’intention de continuer l’énumération de toutes les mesures que Sarkozy a prises pour favoriser les plus
riches, ni de toutes celles qui ont aggravé chaque fois les conditions d’existence des travailleurs. Nous les avons tous
subies.
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Au-delà des décisions qui sont du ressort du gouvernement et dont lui et ses acolytes sont directement responsables, il a
surtout laissé les mains libres au grand patronat, aux banquiers, à la grande bourgeoisie de récupérer sur le dos des
exploités les profits et les dividendes que le marché de leur économie en crise n’est plus capable de leur donner.
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Dans sa récente Lettre aux Français, Sarkozy explique qu’« en 1929, les pays se sont isolés […] dix ans plus
tard le monde sombrait dans le conflit le plus barbare de tous les temps. » Avant d’ajouter, sans rire : « En
2009, la France a convaincu les Américains de créer le G20 […] dont les mesures […] ont évité le pire. » Pour un
peu, on aurait ignoré que Sarkozy nous a épargné une troisième guerre mondiale !
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Après avoir été avocat d’affaires, maire de la ville la plus riche de France, président de la République, bonimenteur de
première catégorie, Sarkozy se fait historien, prophète, voire sauveur du monde : eh bien, voilà de nombreuses
reconversions possibles pour après le 6 mai !
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Hollande
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Mais si les dirigeants socialistes reviennent au pouvoir, qu’est-ce qu’ils feront ? Est-ce qu’ils empêcheront le
patronat de licencier, de fermer des entreprises ? Est-ce qu’ils l’obligeront à augmenter les salaires ? S’il est
élu, est-ce que Hollande forcera le patronat à embaucher ?
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Non, il ne le fera pas ! Et pas seulement parce que dans cette campagne il ne l’a pas promis, mais parce qu’au pouvoir les
socialistes ont toujours laissé les patrons faire ce qu’ils voulaient !
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La seule promesse de Hollande, c’est sur les retraites. Mais plus on s’approche des élections, plus les 60 ans reculent
pour la grande majorité. En réalité, cela ne concerne que ceux ayant commencé à travailler à 18 ans et à condition
d’avoir 41,5 années cotisées, c’est-à-dire sans période de chômage ni d’arrêt longue maladie ! Alors, vous parlez
d’une promesse !
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Que ce soit sur la promesse des contrats de génération, sur la création des emplois dans l’éducation, ou sur la retraite,
Hollande s’en tient au strict minimum, tout en expliquant que ces maigres mesures sont, en plus, conditionnées à la
croissance, et qu’il faudra payer la dette d’abord et avant tout.
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La seule audace que Hollande s’est permise dans cette campagne, c’est cette proposition de taxer à 75 % la part des
revenus des plus riches au-dessus d’un million d’euros. Mais il n’est pas sûr qu’elle soit appliquée tant les voix se
multiplient y compris à gauche pour dire qu’elle pourrait être considérée comme anticonstitutionnelle. Et, de toute
façon, ce n’est pas cela qui diminuera les impôts des travailleurs.
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Le seul engagement ferme que Hollande a pris est vis-à-vis des banquiers. Il insiste, comme Sarkozy, sur la nécessité de
revenir à l’équilibre des comptes et de rembourser la dette de l’État au plus vite, quand bien même cette dette est
celle de la bourgeoisie et que ce devrait être à elle de la rembourser !
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Certes Hollande nous promet une politique de rigueur plus juste mais cela ne change rien au fait que ce n’est pas aux classes
populaires de payer !
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Hollande a tenu pendant la campagne à rappeler aux financiers de la City de Londres, que la gauche au pouvoir s’est toujours
montrée bonne gestionnaire, qu’elle a même su privatiser et libéraliser la finance.
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Eh bien, tout est dit : si futur gouvernement socialiste il y a, il fera ce que la finance imposera. Si Hollande est élu, les
sacrifices continueront. Les coups, au lieu de venir de la droite, viendront de la gauche.
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Alors si les travailleurs ont toutes les raisons d’exécrer Sarkozy, ils n’en ont aucune de faire confiance à Hollande.
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Mélenchon
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Au fond, le seul atout de Hollande aux yeux de l’électorat populaire, c’est qu’il passe pour être celui qui peut battre
Sarkozy. Pour le reste, il ne se fait guère d’illusions sur lui.
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C’est cette réticence à s’aligner derrière Hollande qui fait la fortune de Mélenchon. Avec ses airs de tribun et ses
envolées contre les puissances de l’argent, Mélenchon a su attirer un certain nombre d’électeurs de gauche critiques
envers Hollande. Il a su attirer également une partie de ceux qui envisageaient de s’abstenir au premier tour.
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Mais tout le monde sait que, si c’est précisément cette différence avec Hollande, son radicalisme verbal, qui lui attire
des électeurs, il apportera son électorat à Hollande et il s’inscrira dans la majorité gouvernementale.
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Mélenchon a réussi, au moins pour le temps d’une élection, à reprendre la fonction que le Parti communiste a remplie
pendant si longtemps : celle de ramasse-voix pour le Parti socialiste. Et les militants du Front de gauche de répéter ce qui
était le discours du Parti communiste du temps de Marchais : plus le vote en faveur de Mélenchon sera important, plus il
pourra influer sur la politique des socialistes.
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Non, le résultat de Mélenchon n’influencera pas la politique de Hollande qui sera infiniment plus sensible aux pressions du
grand patronat qu’à celles des électeurs de Mélenchon. Pas plus que l’électorat de Georges Marchais à l’époque
n’avait empêché le tournant du gouvernement socialiste vers la politique de rigueur.
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Pourtant, Marchais avait recueilli au premier tour de la présidentielle de 1981 autant de voix que Mélenchon au plus haut des
sondages. Mais il avait eu beau s’agiter, ainsi que les quatre ministres du PCF, il n’avait pu empêcher le gouvernement de
bloquer les salaires, de licencier en masse dans la sidérurgie. C’est quand le PCF s’est rendu compte que cette caution à
Mitterrand démoralisait ses militants et éloignait ses électeurs que les ministres communistes ont démissionné.
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Quinze ans plus tard, signe de l’évolution du PCF, les ministres communistes que Jospin avait acceptés dans son gouvernement
avaient choisi, eux, d’accepter toutes les mesures antiouvrières et de la fermer !
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Que Mélenchon ou ses compagnons de route du Parti communiste participent ou pas à un futur gouvernement d’Union de la
gauche, cela ne rendra pas la politique de Hollande meilleure. Ils auront seulement contribué à remplacer, auprès d’une
fraction de l’électorat, les illusions dans Hollande par les illusions dans Mélenchon.
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Dire aux travailleurs qu’il suffit de bien voter pour avoir un bon gouvernement de gauche est toujours un leurre pour les
travailleurs. Et, avec la crise, il l’est encore plus aujourd’hui. Plus la crise s’aggrave, moins il y a de place pour un
« bon gouvernement de gauche » qui, au moins sur certains points, protégerait les travailleurs. Il n’y a qu’un
gouvernement de combat de la bourgeoisie.
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Ce qui s’est passé en Grèce avec le gouvernement socialiste de Papandréou et en Espagne avec Zapatero doit nous servir de
leçon. Le capital financier n’a laissé aucune échappatoire, aucune marge de manœuvre, à ces gouvernements de gauche.
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Il n’en laissera pas plus en France.
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Nul doute que si la crise s’aggrave, que le gouvernement soit de droite ou de gauche, il imposera aux travailleurs les mêmes
sacrifices imposés aux travailleurs grecs et espagnols aujourd’hui, les amputations de salaire et de retraite, la démolition
des services publics et le chômage forcé.
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On entend de tous les côtés qu’« il faut battre Sarkozy », que « cela ne peut pas être pire ». Mais si, cela
peut être pire, parce que la crise peut se poursuivre et s’aggraver et que ce soit Hollande ou Sarkozy les coups tomberont.
Et si les coups viennent de la gauche, cela ne les rendra pas meilleurs. Alors que ce soit l’un ou que ce soit l’autre, il
faut se préparer à se défendre, par nous-mêmes, par nos luttes.
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Il y a un domaine où la gauche et la droite au gouvernement ne font même pas semblant d’être différentes : c’est en
matière de politique étrangère, en matière de militarisme. Elles sont d’accord pour mener la même politique
impérialiste.
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Mais qui, dans les classes populaires, a intérêt à ce que l’armée française mène en Afghanistan une guerre qui lui vaut
la haine de la population de ce pays ?
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Qui a tiré avantage des bombardements sur la Libye, en dehors du seul Dassault pour qui cette guerre a représenté de la
publicité sans frais pour son avion Rafale ?
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Qui, dans les classes populaires, a eu intérêt à l’intervention des troupes françaises en Côte d’Ivoire ?
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On nous parle de « défense nationale ». Mais qui nous a attaqués ? L’Afghanistan ? La Libye ? La Côte
d’Ivoire ?
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Depuis la Deuxième Guerre mondiale, il y a près de soixante-dix ans, personne n’a attaqué la France alors que
l’impérialisme français, lui, a mené des guerres coloniales abjectes, de Madagascar à l’Indochine, de l’Algérie au
Cameroun.
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Oui, sur ce terrain, il n’y a nulle différence entre la gauche et la droite.
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Une politique fidèle aux intérêts des travailleurs doit s’élever contre la présence des troupes françaises dans les
ex-colonies d’Afrique, qui ne sont là que pour protéger des régimes à la solde des intérêts du grand capital français,
même lorsque leurs peuples les rejettent. Elle doit s’opposer aux interventions de l’armée française.
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À bas l’impérialisme français !
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Les dirigeants politiques comme les médias présentent l’élection comme l’événement politique dont dépend l’avenir
de l’économie, l’avenir du pays, notre avenir à tous.
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Mais ce changement ne concernera que la toute petite caste de politiciens professionnels. On les voit déjà frétiller à
gauche devant les cabinets ministériels, les postes et les sinécures qui seront à partager. Qui sera Premier ministre, qui
sera président de l’Assemblée nationale…
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À droite, on se prépare plutôt à ronger son frein pendant cinq ans en exerçant le dur métier d’avocat d’affaires, ce
qui n’est finalement qu’une autre façon de continuer ce qu’ils faisaient au pouvoir.
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Alors, oui, la carrière individuelle de quelques politiciens peut changer. Pas l’avenir des exploités ! Pas l’avenir des
travailleurs !
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Ce qui sera déterminant pour notre vie à tous, ce n’est pas le futur locataire de l’Élysée, mais ce qui se passe en
Bourse, ce qui se passe sur les marchés financiers. C’est l’évolution de la crise et la politique patronale qui seront
déterminantes.
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Les grands candidats nous amusent avec leurs programmes électoraux chiffrés avec leur calendrier précis. Pas un de ces
programmes ne sera appliqué ! Le seul programme qui sera réellement appliqué est celui dont on ne peut pas discuter, sur
lequel on ne peut rien dire parce qu’il est décidé dans le secret des conseils d’administration des grandes entreprises et
des banques.
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Les grands groupes ont leurs plans déjà tout fait pour les mois à venir. Chez Peugeot, à la Société Générale, chez
Vinci, Air France, à la SNCF, chez Total.
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ArcelorMittal a décidé de fermer Florange, Peugeot a décidé de fermer l’usine d’Aulnay-sous-Bois. Mais combien
d’autres plans de licenciements sont déjà planifiés ? Combien de plans d’économies qui aggraveront les conditions de
travail, qui écraseront les salaires ?
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Et il n’y aura pas de vote organisé sur ces programmes qui nous touchent en premier lieu. On nous parle de démocratie mais
les vrais maîtres de l’économie et de la société, ce sont les Peugeot, les Bouygues, les Arnault, les Dassault, les Mittal
et il n’y a pas d’élections pour contester leurs décisions, il n’y a pas d’élections pour renverser ces gens-là.
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Alors on nous incite à aller voter, on nous répète que la population est souveraine, que c’est elle qui décide, mais tant
que l’on ne votera pas pour les dirigeants des entreprises, pour les dirigeants des banques, on ne votera que pour les
sous-fifres !
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Les capitalistes sont les rois des temps modernes. Ils détiennent le pouvoir que leur assurent leurs capitaux et la propriété
privée des entreprises. Ils ont un droit de vie ou de mort sur les entreprises. Ce sont eux qui décident ce qui est bon de
produire, oh, pas en fonction des besoins de la population, non ! En fonction du profit que cela peut leur rapporter. Ce sont
eux qui décident de ne pas produire et de consacrer les capitaux à la spéculation.
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Le pouvoir de la bourgeoisie est infiniment plus grand que celui des ministres ou du président de la République qui ne sont
là que pour la figuration, pour justifier les décisions prises dans ces grands groupes capitalistes.
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Et il n’est malheureusement pas difficile pour les travailleurs de prévoir qu’une fois l’élection terminée, ces mêmes
grands groupes continueront les plans de licenciements.
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Le nombre de chômeurs, trois millions, le double en comptant ceux qui n’ont qu’une activité précaire mal payée, est
déjà une catastrophe. Elle l’est pour les chômeurs, pour leurs familles. Elle l’est aussi pour d’autres catégories
sociales, les petits commerçants, artisans, paysans qui vivent grâce aux salaires ouvriers. On sait tous que, lorsqu’une
grande entreprise ferme, il n’y a pas que les familles des travailleurs qui plongent dans la pauvreté. Combien de boutiques,
de bistros, d’ateliers, de garages sont obligés de fermer ?
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Le grand patronat a transformé le chômage dont il est responsable en une arme de guerre contre tous les travailleurs en
activité. Chaque patron s’en sert pour exercer un chantage permanent et faire accepter les salaires bas, la flexibilité, la
précarité, l’augmentation des cadences, des horaires de travail de plus en plus dingues.
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Combien de travailleurs n’osent plus demander que leurs heures supplémentaires soient payées ? Combien de travailleurs
vont travailler tout en étant malades parce qu’ils craignent qu’on leur fasse payer leur absence ? Combien de jeunes sont
pressés comme des citrons dans l’espoir d’être embauchés, et sont renvoyés du jour au lendemain ?
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Au lendemain de l’élection, les attaques contre les salariés reprendront plus vigoureusement encore parce que c’est la
crise et qu’elle n’en finit pas.
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L’économie capitaliste est une économie folle dont les à-coups sont totalement imprévisibles, même pour ceux qui la
dirigent.
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À peine Sarkozy a-t-il fait une déclaration dans le genre « on est en train de sortir de la crise financière » que, le
lendemain, les Bourses chutaient les unes après les autres.
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Le capitaine du Costa Concordia, qui a dirigé un bateau de croisière sur les rochers pour, paraît-il, briller de mille feux
depuis le village voisin, n’était peut-être pas plus compétent dans son domaine. Mais au moins, il est aujourd’hui terré
dans son village où il attend son procès, et il ne postule pas à nouveau !
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Sarkozy lui, prétend toujours tenir la barre, alors même que cet énième soubresaut boursier montre à quel point les
dirigeants politiques ne maîtrisent rien et mentent comme des arracheurs de dents.
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Ce soubresaut boursier montre l’instabilité du système financier. Et l’instabilité engendre l’instabilité. Il suffit
qu’un mouvement boursier se dessine dans un sens ou dans un autre pour que l’armada des financiers se mette à spéculer
là-dessus, amplifiant ainsi la vague. Un peu comme les passagers d’un bateau qui, par affolement, se mettent tous du même
côté, et déséquilibrent l’embarcation au risque de la faire couler.
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Alors, la préoccupation des plus gros capitalistes n’est pas de réguler l’économie. Ils sont aux premières loges pour
savoir à quel point elle est irrationnelle, erratique. Non, leur unique préoccupation est de faire de l’argent, non
seulement malgré la crise, mais grâce à la crise. Et c’est pour alimenter cette spéculation qu’il faut dégager toujours
plus d’argent en aggravant l’exploitation par tous les moyens possibles.
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Leur unique préoccupation c’est d’accroître les dividendes et les fortunes privées des propriétaires et des actionnaires
des entreprises, quitte pour cela à écraser toutes les classes populaires et, en premier lieu, ceux qui fabriquent leurs
richesses, leurs salariés.
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Sarkozy a déclaré : « L’entreprise n’est pas notre ennemie, c’est l’endroit où l’on crée la richesse. La
lutte des classes, la guerre de classes, cela n’existe plus. » Les travailleurs sont bien placés pour savoir que oui,
c’est l’endroit où se créent les richesses parce que ce sont eux qui les suent ces profits.
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Et ils sont bien placés pour voir aussi que plus ils en créent des richesses, plus ils triment, plus ils vivent mal. La lutte
de classe ils la vivent au quotidien ! Avec la crise, elle s’est aggravée et elle deviendra de plus en plus dure, de plus
en plus implacable alors les travailleurs doivent se préparer à en découdre.
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Les conséquences de la crise seront forcément payées par quelqu’un. Si nous ne voulons pas que ce soit les travailleurs qui
payent, il faut nous battre pour revendiquer notre dû et il faudra faire payer la bourgeoisie. C’est leur CAC 40 ou c’est
nos emplois. C’est leurs profits ou c’est nos salaires. C’est leurs sinécures ou c’est nos retraites. C’est eux ou
c’est nous !
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La force collecive de lutter
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Le grand patronat a pour lui la puissance de ses capitaux et ses liens avec l’État. La force des travailleurs, c’est leur
nombre, et c’est aussi leur place indispensable dans la production. Mais cette force est collective. Elle ne peut se déployer
que lorsque les travailleurs prennent conscience qu’au-delà de la variété de leurs métiers, de leurs branches
d’activité, ils font partie d’une même classe sociale, qu’ils ont des intérêts fondamentalement identiques, face aux
intérêts du grand patronat et des banquiers.
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Voilà pourquoi, si les travailleurs veulent résister efficacement à l’offensive de la classe capitaliste, il leur faut
surmonter tous les préjugés que la bourgeoisie entretient dans leurs rangs, malheureusement parfois par l’intermédiaire de
certaines organisations ouvrières ou par des hommes politiques qui se disent de gauche.
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Si les travailleurs veulent se défendre efficacement, il n’y a pas de place pour le « chacun pour soi », il n’y a pas
de place pour le corporatisme.
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Combien de fermetures d’entreprises ont montré qu’un ingénieur hautement qualifié et, à plus forte raison, des petits
chefs sont aussi facilement licenciés qu’un ouvrier sans qualification ?
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À infiniment plus forte raison, il faut rejeter toute forme de division entre travailleurs en fonction de la nationalité, de
l’origine ou de la religion.
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Le Front national
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C’est bien pourquoi le Front national et sa candidate sont des ennemis mortels des travailleurs. Ils le sont pour l’ensemble
de leurs idées réactionnaires qui tirent la société en arrière. Mais, pour ce qui est des intérêts de la classe
ouvrière, ils le sont précisément parce qu’ils dressent les travailleurs les uns contre les autres en fonction de leurs
origines, en fonction de leur religion ou de leurs papiers.
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Oh, bien sûr, l’extrême droite n’est pas la seule sur ce terrain. Les semaines qui viennent de s’écouler ont amplement
montré à quel point les limites entre la droite et l’extrême droite s’effacent dans la rivalité électorale, à quel
point les Sarkozy, Guéant, Guaino et tous les autres finissent par copier la dynastie Le Pen… quand ce n’est pas
l’inverse.
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Alors ceux qui, dans les classes populaires, se sentent trahis et abandonnés par la gauche gouvernementale et sont tentés par
le vote Front national se tirent une balle dans le pied. Montrer du doigt plus pauvre que soi, rendre responsable de ses
problèmes d’autres travailleurs, l’étranger, c’est se tromper d’ennemi. C’est se tromper de colère. C’est se
résigner à subir. À bas la résignation ! À bas le Front national !
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Les travailleurs immigrés
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Quand j’entends que les uns, à droite, rejettent l’idée même de droit de vote des travailleurs étrangers et que les
autres, à gauche, discutent depuis près de 30 ans de la possibilité de leur donner le droit vote seulement aux élections
locales, je me dis que c’est une honte.
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Bien sûr que les travailleurs immigrés devraient avoir tous les droits dont bénéficient les travailleurs français, à
commencer par le droit de vote, et à toutes les élections. Qu’est-ce que c’est que cette « démocratie », où on a
le droit de se faire exploiter, de payer des cotisations sociales et des impôts, mais pas de voter ?
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Les travailleurs immigrés forment une partie essentielle de la classe ouvrière de ce pays. Sans eux, pas un chantier du
bâtiment, pas une société de nettoyage, pas une usine automobile ne fonctionne. Pas un aéroport, non plus, comme, l’a
montré la grève des agents de sûreté en décembre dernier, sans parler des bagagistes ou des femmes de ménage. Ils ont
souvent les emplois les plus mal payés, les plus durs, les plus exploités.
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Écarter les travailleurs immigrés du droit de vote, c’est une façon de sous-représenter la classe ouvrière dans
l’électorat, c’est une façon d’affaiblir la portée de la voix de tous les travailleurs.
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Accorder le droit de vote dans toutes les élections à tous ceux qui travaillent ici serait un geste démocratique
élémentaire. Comme le serait celui de régulariser la situation de tous les sans-papiers.
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Un geste démocratique évident, appliqué instinctivement par les travailleurs dans toutes les grèves, dans toutes les
manifestations où il n’y a nul besoin de papiers ni de carte d’identité pour y prendre part ! Alors, oui tous ces
réactionnaires de gauche comme de droite auraient bien des leçons de démocratie à prendre du côté des travailleurs.
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Et pourquoi y aurait-il trop d’étrangers en France ? Au prétexte que c’est la crise ? Au prétexte qu’il n’y a
plus de travail, il faudrait dire à tous ceux qui ont trimé et qui continuent de trimer dans les travaux publics, dans la
restauration, dans les hôpitaux, qu’il n’y a plus besoin d’eux et qu’ils n’ont plus qu’à crever ?
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Et après, qui y aura-t-il de trop dans la société ? Les anciens parce qu’ils coûtent très cher à la Sécurité
sociale ? Les jeunes, parce qu’ils sont les premiers frappés par le chômage ? Les femmes ? Parce que certains nous
dirons qu’elles peuvent bien rester aux fourneaux !
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Eh bien non, il n’y a aucun travailleur de trop dans la société.
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L’intérêt collectif serait de répartir le travail et les efforts entre tous et d’avoir chacun un salaire qui permette de
vivre. Mais cela, il faudra l’imposer au patronat et pour l’imposer il ne faudra pas se laisser diviser mais il faudra au
contraire unir toutes nos forces.
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Je suis convaincue que dans les prochaines luttes, tous les travailleurs se retrouveront côte à côte, travailleurs français
ou immigrés, avec ou sans-papiers. Ils se battront quelles que soient leur origine, leur nationalité, leur religion, comme un
seul homme contre les capitalistes de toute nationalité et de toute origine.
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Un programme de lutte
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C’est dans la perspective de ces luttes inévitables que j’ai défendu, tout au long de la campagne électorale, un
programme de lutte pour les travailleurs. C’est-à-dire un certain nombre d’objectifs qu’il faudra imposer, non pas dans
les urnes, mais par les luttes pour répondre aux problèmes les plus brûlants des travailleurs.
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Le premier objectif, c’est d’abord et avant tout imposer l’interdiction des licenciements. Même dans cette période de
crise, il y a toujours de l’activité, de la production à faire. Eh bien, il faut imposer au patronat qu’il garde au
travail tous les salariés !
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Interdiction de renvoyer les intérimaires, interdiction de renvoyer les CDD, interdiction de licencier dans cette période de
crise ! Que le patron répartisse le travail autrement, qu’il baisse les cadences ou les horaires, mais qu’il garantisse
l’emploi et le salaire.
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Dans tous les grands groupes, c’est le réflexe inverse. Faire la liste des groupes capitalistes qui ont licencié ou
supprimé des emplois depuis trois ans est impossible. Ils l’ont quasiment tous fait ! En trois ans, 900 usines ont fermé
en France, une par jour.
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Il y a bien sûr ceux dont on entend parler, Petroplus, ArcelorMittal, PSA, Fralib mais il y a tous ceux dont on n’entend pas
parler, comme l’usine Merck dans l’Oise, comme l’usine Sodimedical près de Troyes, comme les pépinières Delbard vers
Montluçon. Et c’est sans oublier le renvoi des intérimaires qui ne sont ni plus ni moins que des licenciements.
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Alors oui, c’est un réflexe admis par beaucoup de commentateurs politiques et d’experts économiques. Pour tous ces gens,
il est tout à fait normal que les entreprises confrontées à des petites baisses d’activité mettent des travailleurs à la
porte, de la même façon qu’une machine qui ne sert plus peut être mise à la benne.
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Comment les travailleurs sont censés vivre après cela, ils s’en moquent.
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Eh bien, pas nous ! Se retrouver au chômage c’est une condamnation à la misère. Interdire les licenciements est une
mesure d’urgence. Il faut obliger le patronat à puiser dans ses profits présents pour assurer les emplois et les salaires de
tous les travailleurs. Et si ces profits ne suffisent pas, qu’ils prennent sur les profits passés et pourquoi pas sur les
fortunes privées accumulées.
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Et si le patronat privé se révèle incapable de procéder à des embauches en nombre suffisant pour résorber le chômage, il
faut que l’État prenne le relais.
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Pour avoir les moyens financiers d’embaucher directement dans les services publics existants ou à créer, il faut que
l’État arrête immédiatement toute subvention directe ou indirecte au patronat. Il faut qu’il supprime tout dégrèvement
fiscal, tout allégement de cotisations sociales.
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Pourquoi donc l’État devrait-il continuer à entretenir des parasites inutiles qui ne sont même pas capables d’exercer
leur métier de patron en investissant ? Et avec l’argent ainsi économisé, il faut embaucher dans tous les services
publics utiles à la population.
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Le manque de logements convenables et accessibles aux revenus les plus modestes est un scandale, au XXIe siècle dans un des
pays les plus riches de la planète. Qu’à notre époque, des centaines, des milliers de personnes n’aient pas d’autres
endroits pour vivre que la rue ou des abris provisoires, que des centaines de milliers de personnes s’entassent dans des
conditions infectes, est un signe de pourriture de la société.
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Puisque cela n’intéresse pas les bétonneurs privés, ce devrait être à l’État de s’engager dans une politique de
grands travaux pour construire les centaines de milliers de logements qui manquent et pour construire aussi toutes les
infrastructures qui vont avec, des crèches, des écoles, des foyers de jeunes, des centres culturels.
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Mais il ne faut pas que ces grands travaux génèrent du profit privé au bénéfice des Bouygues, Dumez, Vinci. Il faut que
l’État embauche directement pour toutes les tâches nécessaires. Et il y a là du travail aussi bien pour des maçons, des
plombiers, des électriciens, des peintres, de la main-d’œuvre non qualifiée, que pour des techniciens, des ingénieurs, des
architectes, des comptables, des informaticiens…
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Et il y a bien d’autres secteurs, où les capitaux privés sont complètement défaillants, celui de l’aide aux personnes
âgées ou handicapées, sauf à faire payer leurs services à prix d’or dans les maisons de retraite, par exemple.
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Le fait qu’aucun de ces besoins vitaux ne peut être résolu sur la base des intérêts privés est le signe le plus sûr que
le destin de la société ne doit pas être laissé dans les mains des capitalistes.
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L’indexation des salaires
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Pour les salariés, c’est de plus en plus dur de joindre les deux bouts. Mais combien d’entre nous qui n’ont qu’un
travail à temps partiel, un emploi intermittent, doivent s’en sortir avec 700, 800 euros ? Combien de retraités qui ont
travaillé toute leur vie voient leur maigre pension diminuée par l’inflation ? Combien de familles de travailleurs ne
s’en sortiraient pas sans les Restos du cœur ?
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Alors, rien que pour rattraper le pouvoir d’achat perdu, il faut une augmentation massive, générale, des salaires. Pas un
salaire ou une retraite ne doit être inférieur à 1 700 euros !
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Mais si l’on ne veut pas être sans cesse appauvri par l’augmentation des prix, il faut en plus obtenir l’indexation des
salaires sur les prix, c’est-à-dire l’échelle mobile des salaires.
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L’inflation reprend, on le voit à commencer par le carburant. Et on nous prépare à ce que les prix continuent
d’augmenter, comme le prix du gaz et de l’électricité. Eh bien il faut nous en protéger !
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À chaque hausse de prix, il faut que les salaires comme les retraites, le RSA, comme les allocations logement, familiales,
comme l’allocation adulte handicapé, le minimum vieillesse augmentent automatiquement. Pour ne pas se laisser appauvrir quand
tous les prix augmentent, il faut remettre d’actualité la lutte pour l’échelle mobile des salaires.
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Pour préserver le pouvoir d’achat, il n’y a pas d’autre moyen que d’imposer l’échelle mobile des salaires.
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Tous les journalistes, quand je dis tous, c’est vraiment tous, m’ont posé la question suivante : « Que faites-vous
des petites entreprises ? Il y a des petites entreprises qui ne peuvent pas payer 1 700 euros et des petites entreprises
qui sont forcées de licencier. » Bien souvent je me serais cru interviewée par le représentant du syndicat des petites
et moyennes entreprises !
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Les défenseurs de l’ordre social actuel invoquent toujours les petits pour prendre la défense des puissants.
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Parce qu’il est évident qu’interdire ArcelorMittal de fermer l’aciérie de Florange est tout à fait réaliste ! Comme
il est évident que Peugeot aurait tout à fait les moyens de faire tourner l’usine d’Aulnay ! Quant à Carrefour, Auchan,
la SNCF, La Poste, Ikea, Renault, ils pourraient tout à fait verser des salaires minimum de 1 700 euros sans que cela ne les
mette sur la paille !
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Et pour ce qui est des petites entreprises, si elles disparaissent par centaines, ce ne sont pas les revendications de leurs
salariés qui les tuent. Ce sont les banques, les gros donneurs d’ordre, les grands groupes capitalistes de la distribution.
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L’économie capitaliste est une jungle où les gros mangent les petits. Les gros donneurs d’ordre se servent de la
sous-traitance, de l’externalisation, pour comprimer les salaires. Ils forcent les plus petits qu’eux à signer des contrats
léonins, où les marges sont réduites à peu de chose. Et il y a toujours des margoulins pour signer parce qu’ils se disent
qu’ils trouveront bien des travailleurs qu’ils pourront écraser et surexploiter.
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Mais ce n’est pas parce que les petites entreprises se font faire les poches par plus gros qu’elles et par les banquiers que
les travailleurs doivent renoncer à leur droit de vivre !
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Les journalistes inquiétés par mon programme, comme si j’allais leur faire les poches, m’ont aussi beaucoup demandé :
« Mais combien va coûter votre programme ? Est-ce que vous l’avez chiffré ? »
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Des chiffres, ce n’est pas cela qui nous manque. Il y a 11 millions de femmes et d’hommes qui vivent sous le seuil de
pauvreté, il faut qu’ils sortent de la misère. Il y 4,5 millions de chômeurs, il faut créer 4,5 millions d’emplois. Il
est très difficile de vivre avec moins de 1 700 euros, il faut que le smic comme le minimum vieillesse soit monté à
1 700 euros.
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Alors oui cela coûtera cher à la bourgeoisie mais pourquoi chiffrer ? Pour que le patronat et ses porte-parole nous disent
que ce n’est pas possible, pas réaliste, pas sérieux, qu’il n’y a plus d’argent ? Mais si, de l’argent, il y en
a !
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Quand tous les États ont sauvé les banquiers, fin 2008, ils ont su mettre en quelques jours des centaines de milliards sur la
table. Alors que ce n’était dans aucun programme, rien n’avait été prévu et encore moins chiffré ! Tous les États
ont mis sur la table ce que les banquiers demandaient.
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Autant dire que le problème n’est pas dans le chiffrage, c’est une question de rapport de forces.
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Dans les années 1934 et 1935, les patrons expliquaient aux ouvriers qui revendiquaient des augmentations salariales que ce
n’était pas possible et que cela les ruinerait. Mais ce qui était impossible début 1936 est devenu possible en juin,
puisque qu’en juin 1936 les patrons ont accordé en moyenne des augmentations de 10, 15 % et mieux même, ils ont payé,
grande première, deux semaines de congés payés.
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Et ce n’est pas la croissance ou une soudaine reprise de l’économie qui a débloqué la situation, c’est la grève
générale, c’est la peur bleue des patrons devant les occupations d’usines, la panique face à ce mouvement dont personne
ne savait où il s’arrêterait.
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Alors tant que les travailleurs ne pèseront pas sur la politique et sur le patronat avec leurs propres armes, avec la grève et
les manifestations, il ne se passera rien de décisif sur le plan politique, rien en tout cas en notre faveur. Oui il faut se
battre bec et ongles pour nos revendications, pour notre droit à l’existence !
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La matière explosive s’accumule dans la classe ouvrière. Le moment de la révolte de millions de femmes et d’hommes
viendra, tôt ou tard. Eh bien il faut que dans cette révolte les travailleurs aient une politique, qu’ils sachent pourquoi
se battre et comment faire pour inverser durablement le rapport de forces avec la classe capitaliste.
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La suppression de toutes les lois qui protègent le secret des affaires doit être un objectif essentiel pour les luttes.
C’est un pas incontournable pour contrôler ce que font ou projettent les conseils d’administration.
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Les travailleurs ont le droit de connaître tout ce qui se passe dans l’entreprise, les décisions, les projets, les comptes.
Il ne faut pas accepter que les dirigeants discutent et tranchent dans le secret des conseils d’administration.
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Toute la société a intérêt à ces contrôles, car les grosses entreprises ne se contentent pas d’exploiter leurs
ouvriers : elles volent aussi les consommateurs, leurs fournisseurs ou leurs clients quand ils sont moins puissants.
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Il faut que l’on puisse connaître les conditions faites aux sous-traitants, les marges que les uns imposent aux autres, y
compris les dessous-de-table. Il faut donner aux travailleurs les moyens légaux de tout dire de ce qu’ils voient sans être
menacés de licenciement ou de mesures de rétorsion.
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À eux tous, les travailleurs savent tout de leur entreprise. Il faut qu’ils aient le droit de regrouper les informations
éparses, le droit aussi de les rendre publiques.
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C’est la seule façon de dénoncer et d’empêcher les crimes patronaux. Ceux perpétrés par les banquiers et les
spéculateurs irresponsables mais ceux aussi perpétrés par ces patrons qui sont prêts à sacrifier la santé de leurs
salariés avec l’amiante par exemple. Ceux aussi qui sont prêts à sacrifier la santé des consommateurs, des malades comme
ce fut le cas avec le Mediator, et les prothèses PIP.
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Lever le secret des affaires serait un objectif essentiel lors d’une lutte générale car cela modifierait le rapport de
forces entre le patronat et les travailleurs en donnant de nouvelles armes aux travailleurs. Il en serait fini du chantage
patronal, des rumeurs et des fausses informations. Les travailleurs sauraient à quoi s’en tenir, ils pourraient anticiper,
s’organiser face aux attaques patronales et prendre l’initiative pour les empêcher de nuire.
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La crise actuelle montre clairement que la classe capitaliste, les banquiers, préoccupés par leurs seuls profits privés sont
trop irresponsables à l’égard des intérêts de la société. Mettre en cause leur pouvoir dictatorial sur les entreprises,
les soumettre à contrôle, est une nécessité sociale.
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Le vote
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Je ne dis pas : « Votez pour moi, je ferai ceci ou je ferai cela, et tout ira mieux ! »
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Voter pour ma candidature, ce sera exprimer la conviction que, si les élections ne peuvent pas changer la vie, la lutte
collective des exploités en a la force et la possibilité.
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Voter pour ma candidature, c’est affirmer que l’on n’est pas dupe devant ces alternances électorales et qu’il y a,
parmi les travailleurs, des femmes et des hommes conscients d’avoir à se battre par eux-mêmes.
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Tous ceux qui voudront affirmer qu’il faudrait refaire un Juin 1936 ou un Mai 68 pour imposer l’interdiction des
licenciements, des augmentations de salaires, et un contrôle des travailleurs sur les entreprises et sur leur argent, pourront
le dire en votant pour moi.
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Bien sûr, le vote ne remplace pas les luttes, mais les luttes se préparent dans les têtes.
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Avant même qu’une explosion sociale ne crée le rapport de forces nécessaire pour imposer les objectifs vitaux, nécessaires
pour protéger les travailleurs, on peut en discuter, les populariser, les mettre dans la tête de ceux qui nous entourent. Cela
préparera la suite, qui se déroulera là où tous les changements se décident, c’est-à-dire dans les luttes. Oui ce sera
un vote utile.
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Bien au-delà de l’élection présidentielle, épiphénomène secondaire, bien au-delà même des rebonds de la crise, c’est
l’évolution de cette société capitaliste qui est lourde de menaces pour l’humanité.
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C’est une évolution de fond qui n’a rien à voir avec la personnalité ou l’étiquette de tel ou tel président de la
République et c’est une évolution qui dépasse les limites de l’Hexagone.
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Cette évolution, c’est, partout, la pénétration de l’argent, avec son effet dissolvant, pourrissant. On a beaucoup parlé
de la financiarisation de l’économie. L’origine de cette financiarisation est que depuis près de 40 ans, le marché des
biens matériels ne rapportant pas assez, les possesseurs de grands capitaux délaissent les investissements productifs et
consacrent une part croissante de leurs capitaux aux opérations financières qui rapportent plus, c’est-à-dire à la
spéculation.
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L’économie se transforme de plus en plus en économie de casino, avec une classe bourgeoise de plus en plus addict à la
spéculation.
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Dans la vie réelle, il arrive que certains joueurs compulsifs demandent à être interdits de casino. Mais la classe
capitaliste, qui a transformé la planète entière en casino, n’a pas envie de se soigner, au contraire, elle en
redemande !
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Face au dernier soubresaut spéculatif, il y a quelques jours, le patron de la banque centrale américaine a constaté,
impuissant, que : « Des pans entiers de la finance restent à réguler. » Certes. Mais, même lui, il n’y
peut rien !
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C’est pour alimenter sans cesse la cagnotte de ces joueurs fous qu’on écrase les salaires, qu’on licencie à tout va,
qu’on fait des économies sur les services publics utiles à la population.
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Mais il n’y a pas que cela ! On démolit systématiquement tout ce qui ne rentre pas dans les circuits de l’argent, en
particulier les services publics. De Balladur à Sarkozy en passant par Jospin, ils se sont passé le relais de la droite à la
gauche pour privatiser des pans entiers du service public et pour introduire des rapports d’argent même là où il n’y
avait que des rapports administratifs.
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Ma camarade cheminote a parlé tout à l’heure de la partition en deux de la SNCF, d’un côté, la toujours nommée SNCF qui
gère les trains, de l’autre, RFF (Réseau ferré de France) qui gère les voies. Cela signifie que là où il y avait des
rapports purement administratifs entre les deux secteurs d’une même entreprise de service public, ce sont maintenant des
rapports d’argent.
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Dès qu’il y a des rapports d’argent, les banques s’introduisent et s’introduit le jeu des emprunts et des dettes.
C’est la porte ouverte au racket des banques. C’est la porte ouverte à l’endettement avec pour conséquence des masses
croissantes d’intérêts à verser aux banquiers.
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Et comme ma camarade infirmière l’a dit, c’est la même chose pour les hôpitaux. Le fait d’y avoir introduit la
compétitivité et la rentabilité a fait entrer les banques là où elles ne devraient rien avoir à faire.
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C’est criminel, il n’y a pas d’autre mot ! Le capitalisme vieillissant, ce n’est pas seulement le chômage, les
quartiers populaires abandonnés, la pauvreté qui monte au milieu de flots d’argent. C’est aussi un recul considérable
pour la société sur le plan humain, sur le plan social, et cela se produit à une échelle gigantesque. L’argent emporte
tout sur son passage.
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Et tout cela, pour quoi ? Pour alimenter la spéculation financière dévastatrice !
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Alors oui, ce système économique basé sur la propriété privée des moyens de production, la course au profit privé, est
arrivé à son absurdité ultime. C’est un système au bout du rouleau qui risque d’emporter toute l’humanité dans son
effondrement.
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En tant que communistes, notre raison d’être est d’œuvrer pour que l’organisation sociale change afin que l’humanité
survive, afin que la planète survive !
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Pour agir sur le terrain de l’écologie, il ne faut pas se satisfaire de bavardages, alors que Total peut, comme avec le
naufrage de l’Erika, empoisonner les côtes bretonnes, alors qu’il peut transformer en cloaque à ciel ouvert le delta du
fleuve Niger sur des milliers de kilomètres carrés et en chasser toute la population !
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Il ne suffit pas de dénoncer la pollution des mers, le réchauffement climatique, le trou de la couche d’ozone ou la
pollution des sols, il faut se donner les moyens de maîtriser notre activité économique dans son ensemble. Et maîtriser
notre activité économique a pour condition préalable l’expropriation de la classe capitaliste.
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Et il faudra commencer par exproprier les banques.
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Et pas seulement parce que les banquiers se conduisent comme des irresponsables et qu’ils ont transformé les salles de
banques en salles de casino, mais parce que sont les banques qui commandent toute l’économie. Prendre la maîtrise des
banques, c’est contrôler l’essentiel de l’économie, l’énergie, les transports, la distribution, c’est décider de
l’usage fait des capitaux, c’est les orienter dans des investissements utiles à toute la population.
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Exproprier les banquiers, c’est-à-dire nationaliser sans indemnité ni rachat et fusionner les banques en un seul
établissement de crédit, sera un pas de géant fait en direction de la gestion de toute l’économie par les travailleurs.
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Avec l’expropriation des grands groupes du CAC 40, qui font la pluie et le beau temps dans l’économie, les travailleurs
pourraient prendre la maîtrise de toute l’économie.
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Cela ne sera possible qu’à travers une révolution sociale d’une ampleur comparable à ce qu’a été la Révolution de
1789 ou la révolte en Russie en 1917. De telles révolutions ne se déclenchent pas. Elles sont l’œuvre de millions de
personnes lorsque, poussées par leurs conditions d’existence, elles se décident à prendre le mal à la racine et à
reprendre leur avenir en mains.
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Lors d’une émission récente sur France 2, un journaliste s’est inquiété de savoir si je voulais vraiment d’une lutte
qui aille jusqu’à « menacer » la classe capitaliste, sans doute parce que ce monsieur, directeur de BFM Business, rêve
de luttes inoffensives pour les patrons. Et puis, horreur, est-ce que j’étais vraiment pour la « dictature du
prolétariat » ?
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Alors, pour revenir à cette expression de Karl Marx, j’ajouterai que le régime mis en place par la révolution des
exploités sera infiniment plus démocratique infiniment plus libre que tout ce que l’on connaît dans la société
d’aujourd’hui. Justement parce qu’elle sera l’œuvre de millions de femmes et d’hommes qui n’ont aucun privilège à
défendre, qui n’auront pas besoin de tout l’appareil repressif dont ont besoin les privilégiés d’aujourd’hui
entourés d’un océan de pauvreté.
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Les libertés ne seront pas limitées, bafouées, voire complètement déniées par le pouvoir de l’argent. La démocratie ne
sera pas cette caricature où l’on élit une fois tous les cinq ans des dirigeants qui après leur élection font ce que leur
dictent les riches.
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Toutes les décisions seront prises de la façon la plus démocratique possible. La seule liberté qui sera supprimée est celle
d’exploiter, mais cette limitation-là, oui, nous les communistes, nous l’assumons.
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Oui, nous sommes communistes ! Communistes dans le vrai sens du terme. Dans le sens donné par des générations d’ouvriers
qui rêvaient d’une société débarrassée de la dictature de l’argent, de l’exploitation, de la concurrence et des
crises. Une société gérée fraternellement et démocratiquement par la collectivité de ceux qui travaillent et produisent.
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Ce courant ne regroupe pas beaucoup de monde aujourd’hui ? Peut-être. Mais la crise est un formidable accélérateur de
l’Histoire. Elle ne fait pas qu’aggraver les conditions d’existence des classes populaires, elle remue aussi les
consciences. La crise économique actuelle amènera un nombre croissant de travailleurs, de jeunes, à la conscience que
renverser le pouvoir de la bourgeoisie n’est pas une utopie mais une nécessité.
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Eh bien, il faut qu’ils trouvent des militantes et des militants qui en défendent la perspective. Dans cette période de
crise grave du capitalisme, il faut lever le drapeau de la révolution sociale.
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Ce ne sont pas les sondages, ni les pressions pour que l’on se range derrière les uns ou les autres qui nous feront changer
d’avis. Nous ne sommes pas des girouettes, à tourner dans le sens du vent.
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Nous avons nos convictions, des convictions communistes révolutionnaires que nous sommes aujourd’hui les seuls à défendre.
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Oui le courant communiste a connu des hauts et des bas. À certains moments, ce courant a été représenté par des grands
partis comme l’était le Parti socialiste à sa naissance ou le Parti communiste un peu plus tard. Au fil du temps et sous la
pression du capitalisme, les directions de ces grands partis ont trahi leur cause pour s’intégrer dans le système et limiter
leurs aspirations politiques à devenir les gérants loyaux d’une société dominée par le grand capital.
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Mais le courant communiste n’a jamais disparu. Et s’il n’a pas disparu malgré la pression du stalinisme, malgré la
pression du réformisme et de l’électoralisme, c’est qu’il y a toujours eu des hommes et des femmes qui ont su être à
contre-courant et qui ont tenu envers et contre tout à leurs convictions, à leur idéal.
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Je dis à toutes celles et à tous ceux qui sont fiers d’avoir conservé leurs idéaux communistes, leurs rêves et leurs
convictions, qu’ils doivent les exprimer dans cette élection par leur vote.
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Et ce vote comptera pour l’avenir.
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Car la conscience de classe, la conscience communiste, ne peut pas être suspendue en l’air. Pour la transmettre, pour forger,
à partir d’une classe ouvrière atomisée, une classe consciente de ses intérêts, capable de peser sur la scène politique,
puis de disputer le pouvoir à la bourgeoisie, il faut un parti, un véritable parti communiste révolutionnaire.
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S’il y a un courant communiste révolutionnaire, il n’y a pas de véritable parti, avec ce que cela implique de présence
dans la société, de présence dans les entreprises, dans les quartiers populaires. La grande faiblesse de la classe ouvrière
face à la bourgeoisie, c’est cela.
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La bourgeoisie dispose de plusieurs partis, de la gauche à l’extrême droite, tous prêts à gouverner pour préserver les
structures actuelles de l’économie et de la société. La bourgeoisie peut choisir parmi ces partis suivant les circonstances
et les nécessités du moment.
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La classe ouvrière, en revanche, n’a pas de parti qui représente ses intérêts politiques, et uniquement ses intérêts
politiques. Ce parti est à construire.
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Un parti qui ne cherche pas à s’intégrer dans l’ordre social du capitalisme, ni dans les institutions de la bourgeoisie.
Un parti dont l’unique préoccupation soit, au contraire, face à chaque crise politique, chaque crise sociale, de renforcer
la position de la classe ouvrière en vue de l’objectif clairement affirmé d’exproprier la classe capitaliste et de mettre
les richesses et les moyens de les produire à la disposition de ceux qui travaillent.
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Au regard de cette perspective, l’élection présidentielle est un épisode insignifiant. Mais si la campagne nous a permis de
semer des idées, elle aura une importance pour l’avenir.
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Appel aux jeunes
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Les graines semées peuvent trouver un terreau dans la jeunesse. Dans la jeunesse qui a toutes les raisons de ne pas accepter le
sort que la société capitaliste lui réserve.
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Dans le passé, on a dit aux jeunes des classes populaires : faites des études, passez des diplômes, vous aurez un bon
travail.
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Mais combien sont exclus trop tôt de l’école ? Et ce sont des centaines de milliers de jeunes qui s’entendent dire que
ça n’embauche pas. Combien de CV ont-ils envoyés, combien de stages ont-ils accepté et combien d’attentes ont-elles été
déçues ?
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Sauf pour une toute petite minorité, la jeunesse travailleuse est ballottée de stage en stage, de mission d’intérim en
mission d’intérim, le tout entrecoupé de périodes de chômage. Combien de jeunes se disent à 20 ans, 30 ans, qu’ils
n’ont pas encore commencé leur vie ?
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Quant aux jeunes qui font des études supérieures, ils peuvent espérer un emploi de cadre, d’ingénieur, de médecin ou
d’enseignant. La société capitaliste leur offre peut-être un sort un peu meilleur que celui qu’elle réserve aux jeunes
des quartiers populaires.
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Et encore ! Il n’est qu’à voir tous ceux qui, bardés d’un master ou d’une thèse, se trouvent obligés de postuler
à des emplois sans rapport avec leur qualification et où on les paiera grassement 1 500 euros, si ce n’est moins. Mais le
problème n’est pas là.
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Le problème collectif, c’est que même ceux qui, dans cette société, peuvent tirer leur épingle du jeu, le font au milieu
d’un océan de misère et d’injustice.
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C’est ce que disent bien des enseignants, qui se sont engagés dans ce métier avec un idéal et constatent au quotidien que
l’État les prive des moyens nécessaires pour transmettre correctement des connaissances aux élèves dont ils ont la charge.
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C’est ce que disent les médecins des hôpitaux, écœurés de la façon dont leurs services sont contraints de traiter leurs
malades. C’est ce que disent bien des chercheurs, voire des cadres d’entreprise, à qui on avait fait miroiter la lune, et
qui se rendent compte qu’ils ne sont que des rouages d’une grande mécanique à profits, toute prête à les broyer.
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Aux uns et aux autres, je veux dire qu’il y a bien un autre avenir. C’est celui des combats collectifs, de la révolte
consciente.
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Il n’y a pas de cause plus noble que de s’engager dans l’activité pour transformer la société de fond en comble afin
qu’il n’y ait plus de privilèges et de privilégiés car la contrepartie, c’est l’exploitation, l’oppression pour la
majorité, et tout un cortège d’arriérations, du sexisme au racisme, en passant par la xénophobie voire la guerre.
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Alors ne laissez pas la politique à des politiciens professionnels qui en font une carrière personnelle, mais qui se moquent
de la collectivité et de son avenir ! Ne cédez pas au conformisme de cette société ! Prenez part au combat pour
l’émancipation sociale !
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À tous ceux qui se retrouvent dans les idées que je défends dans cette campagne, je dis : Rejoignez-nous ! En votant
d’abord pour ma candidature le 22 avril.
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Et je dis à ceux qui nous ont déjà rejoints et qui ont apporté leur contribution à la campagne électorale, gardons les
liens que nous avons tissés entre nous. Car une fois l’élection présidentielle et les élections législatives terminées
d’autres combats nous attendent et des combats bien plus décisifs pour l’avenir. Tous les pas faits en avant dans la
construction d’un parti révolutionnaire compteront dans les affrontements futurs avec la classe capitaliste.
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Débarrassée de la mainmise des intérêts privés sur les richesses et les moyens de les produire, débarrassée de
l’exploitation et de la course au profit, la collectivité pourra maîtriser consciemment sa vie économique.
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Elle pourra alors produire tout ce qui est utile et nécessaire, mais rien que ce qui est utile et nécessaire, dans le respect
des hommes et de la nature afin que tous les êtres humains profitent du progrès et accèdent à l’éducation, à la culture,
aux loisirs.
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L’exploitation disparue, disparaîtront les autres formes d’oppression en fonction du sexe ou de la nationalité.
L’humanité pourra alors constituer un seul et même peuple, avec une seule patrie : la terre.
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Voter pour ma candidature, c’est affirmer que vous partagez cette vision de l’avenir. Et rejoignez ceux qui agissent pour
que le rêve de l’émancipation sociale se transforme en réalité !
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