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L’histoire ne se répète pas, elle bégaie. Trois ans, pour ainsi dire de date à date, après la faillite retentissante de
la banque américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, qui a marqué le début d’une grave crise bancaire, une nouvelle
crise bancaire menace l’économie. La menace est plus grave encore qu’en septembre-octobre 2008. À l’époque,
c’étaient les banques qui étaient méfiantes les unes vis-à-vis des autres en raison du volume important des titres pourris
qu’elles détenaient. Elles avaient pratiquement stoppé les myriades d’opérations de crédit entre elles, au risque
d’asphyxier toute la vie économique. Ce sont les États et les banques centrales qui avaient dû intervenir en ouvrant tout
grands leurs guichets, en acceptant de garantir les crédits les plus pourris, en inondant d’argent les circuits financiers
jusqu’à ce que ces messieurs les banquiers, assurés qu’ils ne perdraient rien – mieux : qu’ils y gagneraient –
consentent à recommencer à exercer leur métier et à alimenter ce flux de crédits qui constitue le système sanguin de
l’économie capitaliste.
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Mais voilà qu’aujourd’hui la méfiance n’est pas entre les banques, ou, plus exactement, n’est pas seulement entre les
banques. Elle se manifeste envers les États eux-mêmes. L’État grec n’est plus le seul en cause. La suspicion qu’un
État se révèle incapable de payer ses échéances s’est portée sur l’Espagne, le Portugal, l’Italie enfin, pour se
limiter aux pays européens. Mais elle atteint même les États-Unis, dont une agence de notation a dégradé la note de
fiabilité.
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Il serait oiseux de se demander quelle est la signification réelle des notations des agences du même nom, astrologues
attitrés d’un monde économique chaotique.
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Reflètent-elles la méfiance des possesseurs de capitaux en quête de placements profitables ? Provoquent-elles elles-mêmes
la méfiance ? À une époque où la moindre rumeur venant de la moindre déclaration d’un quelconque responsable de
l’économie entraîne des déplacements de capitaux considérables, la question n’a aucune espèce d’importance.
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Les causes de cette méfiance sont en tout cas les mêmes pour les États-Unis que pour la Grèce, même si les conséquences ne
le sont pas. Les États-Unis restant la plus puissante économie du monde, note dégradée ou pas, aux moments critiques, ils
apparaissent toujours comme un refuge pour des capitaux à la recherche de placements.
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Pour sortir le système bancaire de la banqueroute et stopper l’assèchement des crédits, en 2008, tous les États du monde,
et en tout cas tous ceux qui en ont les moyens, ont utilisé les mêmes remèdes : mettre de l’argent à la disposition des
banques. Ils ont tous vidé leurs caisses pour cela. Ils ont tous emprunté des sommes colossales auprès du même système
bancaire qu’ils venaient de sauver.
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L’endettement des États s’est littéralement envolé après la crise bancaire de 2008. Leurs montants ne sont comparables
qu’aux périodes de guerre où toute l’économie, concentrée autour de l’industrie d’armement, fonctionne à crédit.
Les dettes se gonflent d’intérêts plus ou moins importants en fonction de l’État débiteur.
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Les différences entre les États se creusent quant aux intérêts plus ou moins élevés dont ils sont taxés suivant leur
puissance économique, voire leur situation politique, quand ce n’est pas la rumeur du jour.
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Les États sont enserrés en réalité dans les mêmes nœuds coulants mais à des degrés divers. Plus ils sont suspectés
d’avoir du mal à rembourser leurs dettes, plus on ne leur prête qu’à des taux élevés, voire usuraires. Mais, plus cela
augmente leurs dettes, plus ils ont du mal à rembourser…
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Le remède devenu poison
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Pendant quelque temps, le mécanisme mis en place après la crise de 2008 a eu toutes les raisons de plaire aux banquiers. Il
tournait rond. Les dettes des États rapportaient gros, et les profits des grandes banques caracolaient à des hauteurs
d’avant la crise bancaire.
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Mais la machine fonctionnait dans le vide. L’évolution économique n’était pas du tout à la hauteur de la rentabilité
exigée par les capitaux financiers. Le fait était cependant masqué par une autre évolution qui semblait parallèle : celle
des profits des grandes entreprises industrielles et commerciales. Les banques, qui se procuraient de l’argent à bon marché
auprès des banques centrales, estimèrent qu’elles pouvaient prélever des intérêts élevés non seulement sur les États
mais aussi sur le secteur productif, puisque celui-ci rapportait aussi du profit élevé.
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Mais en réalité les banques et, derrière elles, toutes les entreprises capitalistes pour le compte desquelles elles
agissaient étaient en train de scier la branche à laquelle tout cela était suspendu. Pour financer les sommes de plus en plus
élevées versées chaque jour au système bancaire, tous les États imposent des plans d’austérité à leurs populations.
Aussi divers et variés que soient, d’un pays à l’autre, les plans d’austérité, aussi fertile que soit l’imagination
des gouvernements bourgeois pour inventer des mesures destinées à vider les poches des différentes catégories populaires,
elles affaiblissent toutes la capacité de consommation de la population.
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C’est également le résultat de la diminution du nombre de travailleurs de l’État, de l’affaiblissement des services
publics, des ponctions sur la protection sociale, sans parler des mille et une mesures dont beaucoup sont passées inaperçues
parce qu’elles ne touchent que des catégories mal placées pour se défendre (handicapés, par exemple).
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Derrière les formes modernes du capital financier, derrière les produits financiers de plus en plus sophistiqués,
l’économie capitaliste s’enfonce de plus en plus dans la même contradiction fondamentale entre la capacité de
consommation limitée des classes populaires et le besoin du capital de s’accroître sans cesse, qui constitue la raison
fondamentale des crises de l’économie capitaliste.
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Un autre mécanisme du capitalisme en crise a agi dans le même sens : les grandes entreprises réalisaient certes des profits
élevés, mais au détriment de toute l’économie. Ces profits élevés des entreprises de production étaient dus en premier
lieu à la surexploitation de la classe ouvrière. Sortir une production supérieure avec un nombre plus restreint de
travailleurs, et plus mal payés, est à la base des profits des grandes entreprises, au-delà de la diversité des moyens pour
y parvenir. Les licenciements, la diminution des effectifs, l’écrasement de la masse salariale distribuée, restreignent sans
cesse le marché de la consommation.
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Un autre phénomène s’ajoute à cela pour expliquer les profits élevés des entreprises du CAC 40 : la pression
croissante sur leurs fournisseurs petits et grands, mais moins grands qu’elles, leurs sous-traitants, etc. Les profits
élevés des entreprises les plus puissantes ont pour contrepartie non seulement l’écrasement du niveau de vie de la classe
ouvrière, mais aussi la fragilisation du tissu économique capitaliste lui-même.
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L’actualité attire l’attention sur un autre « dégât collatéral » de la crise financière de 2008 : l’envolée
de l’endettement des collectivités locales. Derrière le sensationnalisme journalistique du titre à la une du quotidien
Libération du 21 septembre 2011 : « Dexia : la banque qui a ruiné 5 000 communes » il y a une réalité,
une bombe à retardement pour lesdites collectivités locales. Ladite banque et quelques autres ont placé auprès des
collectivités locales (villes, départements, régions, mais aussi établissements publics locaux, hôpitaux, etc.) des
produits financiers présentés à l’époque comme avantageux mais dont les taux, sophistiqués et obscurs, étaient indexés
sur d’autres produits financiers ou sur diverses Devises. Résultat : les taux se sont envolés et les sommes dues, avec. Un
département comme la loire s’est retrouvé à devoir payer un intérêt de 22 millions sur un emprunt de 96 millions,
l’hôpital de dijon, à devoir s’acquitter de 31 millions d’intérêts en sus d’un emprunt de 111 millions. Vingt-cinq
milliards d’euros de « produits toxiques » de ce genre ont été placés par la seule dexia. Conséquence
prévisible : des collectivités locales étranglées, des impôts locaux augmentés et l’effondrement des services publics
locaux faute de moyens, qui devront être consacrés aux banques. Mais, si tout cela pèse sur les classes populaires, cela mine
aussi la « demande solvable » qui, seule, compte pour les capitaux privés.
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Les conséquences destructrices de l’agitation de la finance
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Le système capitaliste est en train d’illustrer, dans le contexte du capitalisme ultra-moderne, cette expression si juste de
Lénine : « Le capitaliste est prêt à vendre la corde pour le pendre. » Le temps de la bonne vieille corde est
aujourd’hui révolu. On a inventé mieux : une multitude de produits financiers aux noms anodins ou exotiques, représentant
une multitude de formes de crédits ou d’assurances pour garantir ces crédits, qui s’achètent, se vendent et se déplacent
d’un bout à l’autre de la planète.
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Parmi eux, les papiers représentant une fraction des dettes d’un État, les « dettes souveraines », découlant
d’emprunts pour dix ans, un an, un mois, voire un jour.
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Les marchés, c’est-à-dire les services spécialisés des banques dans les placements financiers, un temps émerveillés par
ces magnifiques instruments d’enrichissement que sont les dettes souveraines qui, en outre, passaient pour avoir l’avantage
d’être plus sûres que les dettes privées, ont commencé à douter de la capacité des États à rembourser leurs dettes.
D’où la panique du système financier. D’où les déplacements de masses considérables de capitaux migrant d’un papier
d’État à un autre. Et ce d’autant plus que, par un retour de boomerang, la méfiance à l’égard des États – ceux
en tout cas suspectés de ne pas pouvoir honorer toutes leurs dettes – est en train de se retourner contre les banques
elles-mêmes. En 2008, la méfiance entre banques avait été alimentée par la suspicion à l’égard des papiers
représentant des dettes hypothécaires américaines. Aujourd’hui, ce sont les titres représentant des dettes souveraines de
certains États qui soulèvent la même suspicion.
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Ce n’est pas pour rien que les prix des actions des banques françaises s’affaissent les uns après les autres. La Société
Générale ou le Crédit Agricole avaient été les premiers à se jeter sur les dettes de l’État grec qui rapportaient gros.
Aujourd’hui, certaines de ces banques ont perdu sur leur capitalisation boursière, c’est-à-dire sur la valeur totale de
leurs actions, plus qu’elles n’ont gagné sur la dette grecque.
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Les prix des actions des banques européennes, même réputées parmi les plus sûres comme BNP-Paribas, font du yoyo. Le
Monde des 18 et 19 septembre constate : « À la hausse comme à la baisse, les marchés n’ont manifestement pas
besoin d’EPO pour se surpasser. Moins 12,4 % lundi 12 septembre, + 7,2 % le lendemain, – 3,9 % mercredi, + 13,4 %
jeudi et – 7,6 % vendredi, telles ont été les variations quotidiennes du cours de la Bourse de BNP-Paribas. »
Chacune de ces variations a fait son lot d’heureux parmi les spéculateurs, tantôt à la hausse, tantôt à la baisse.
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Mais, du coup, la défiance s’accroît à l’égard des banques européennes. La récente nouvelle que Siemens a retiré une
partie de ses sommes gérées par la Société Générale (500 millions d’euros tout de même !), par défiance envers une
banque trop lestée de papiers de la dette grecque, illustre un comportement plus général. L’entreprise, pourtant
industrielle, est en même temps accréditée comme banque, et à ce titre elle a pu virer la somme retirée à la Société
Générale vers la Banque centrale européenne, jugée manifestement plus fiable.
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Les banques européennes ont à leur tour tendance à déposer leurs liquidités du moment à la BCE plutôt que de les confier
à une autre banque privée.
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Devant la menace de faillite que représente pour les banques européennes le fait d’être trop chargées de papiers de
crédit susceptibles de se révéler sans valeur, il y a une pression de la part des institutions internationales de la
bourgeoisie, le FMI notamment, pour qu’elles se recapitalisent, c’est-à-dire qu’elles augmentent la quantité de capitaux
qui leur appartiennent en propre par rapport aux capitaux déposés chez elles. Mais comment inciter les marchés financiers,
les possesseurs de capitaux, à entrer dans le capital d’une grande banque lorsque celle-ci semble menacée ?
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Aussi, de plus en plus de voix se font entendre du côté des porte-parole de la bourgeoisie pour que, au cas où les
« marchés » seraient réticents, les États prennent le relais. « Les banques ont besoin d’être recapitalisées,
et le seul acteur qui puisse les aider, c’est l’État », affirme le PDG en vue d’une société de placements
(JDD du 11 septembre). Le même PDG est plus concret encore en affirmant que la recapitalisation « doit prendre la
forme d’une participation de l’État au capital des banques françaises de l’ordre de 30 % ».
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Le mot « nationalisation » des banques, si longtemps tabou, redevient à la mode. Le milieu politique n’a pas tardé à
s’en emparer. Ainsi François Hollande : « S’il advenait qu’il y ait un défaut de la Grèce et que les banques
soient amenées à constater des pertes, il y aurait un appel à l’État, comme lors de la crise des subprimes. Dans ce
scénario, à la différence de 2008, je recommanderais que l’État ne prête pas aux banques mais prenne une participation à
leur capital. »
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Le JDD du 11 septembre, qui relate ce propos, rapporte celui de Jean-François Copé, le secrétaire national de
l’UMP, pour qui la méthode est dépassée : « Il existe des techniques sophistiquées qui permettent d’éviter la
nationalisation. »
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Ces deux citations illustrent parfaitement que la seule différence entre un dirigeant politique de gauche et son adversaire de
droite réside dans le choix des mots et des techniques. Ils sont entièrement d’accord pour faire jouer à l’État ce rôle
de béquille pour grand capital qui a été le sien dans un passé récent.
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Si l’idée d’un recours plus massif à la participation de l’État au capital des banques se confirme, on peut parier que
la gauche s’en emparera en présentant les nationalisations comme une solution « socialiste » aux dégâts de la crise.
Et en cas de victoire de la gauche aux élections, on pourra compter sur le Parti communiste, sur le Front de gauche et bien
d’autres pour tenter de rendre présentable aux yeux des classes populaires le recours à l’État dans le sauvetage du
capital financier.
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Aussi, face à l’anarchie du système bancaire, aussi bien que face aux divers projets de nationalisation, il faut affirmer
que l’intérêt de la société est d’exproprier les banquiers sans indemnité ni rachat et de réunir les établissements
financiers aujourd’hui concurrents en une banque unique, contrôlée par la population.
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Leur préoccupation : comment sauver les banquiers – une fois de plus
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Toutes les discussions dans les sommets dirigeants tournent, comme en 2008, autour de la meilleure façon de sauver le système
bancaire. Les opérations de sauvetage sont discutées sous des dénominations aussi diverses que mensongères : « sauver
la Grèce » est l’expression la plus standard. Ou encore « sauver l’euro », « sauver l’Union européenne »,
« éviter l’implosion du système monétaire international ». Mais derrière ces différentes dénominations, il
y a la même préoccupation. La récente réunion au sommet des ministres de l’Économie de la zone euro à Wroclaw, en
Pologne, en présence du secrétaire d’État américain au Trésor, est significative de la médication qu’ils envisagent
mais aussi de la difficulté de l’administrer.
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Les États-Unis sont engagés depuis plusieurs semaines, comme en 2008, dans une opération de guichets ouverts pour les banques
privées en leur rachetant notamment les titres les plus suspects de perdre de la valeur. Le Monde de l’Économie
(6 septembre 2011) estime que « la FED, la banque centrale américaine, a ainsi absorbé depuis le début de la crise
environ 1 000 milliards de titres de la dette publique américaine, après avoir absorbé encore davantage de titres
privés ». Cela revient à fabriquer de la monnaie supplémentaire, au risque de relancer et d’aggraver l’inflation
dans cette monnaie.
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À cette réunion des ministres de l’Économie de la zone euro, le secrétaire d’État américain au Trésor, invité,
s’est même permis de sermonner brutalement ses collègues, leur reprochant leur réticence à en faire autant et à autoriser
la Banque centrale européenne à ouvrir les vannes du crédit aux banques privées. Reproche pas tout à fait fondé car la BCE
rachète aux banques privées une quantité croissante de titres pourris dont leurs comptes sont lestés.
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Mais ce qui, aux États-Unis, ne nécessite que la décision du gouvernement – qui peut déjà ne pas être simple, à en
juger par la guéguerre politicienne menée par les Républicains contre Obama sur cette question –, est particulièrement
compliqué dans le cas de la zone euro où il faut l’accord de chacun des seize gouvernements, sans parler, le cas échéant,
de leurs parlements respectifs.
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Qu’il soit donc dit ici qu’une nouvelle période d’inflation est inévitable – en témoignent les hausses de prix en
cours. Il est important pour les salariés de s’y préparer. Les capitalistes, plus ou moins maîtres de leurs prix de vente,
savent les indexer sur les hausses de prix des matières premières qu’ils utilisent, sur les hausses de prix du pétrole ou
de l’électricité, etc. Il est vital pour les salariés d’imposer une indexation automatique de leurs salaires sur les
hausses de prix, l’échelle mobile des salaires.
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La tumeur cancéreuse de la finance sur une économie capitaliste malade de son propre fonctionnement
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C’est la longue période de stagnation ou de faible croissance de l’économie mondiale qui a conduit au gonflement
monstrueux de la finance et à la multiplication des crises financières plus ou moins graves qui ont ponctué l’histoire
économique de la décennie passée (affaire Enron, effondrement des caisses d’épargne américaines, crise d’Internet,
crise des subprimes, etc.). Mais les multiples rebondissements de la crise financière pèsent, à leur tour, sur l’économie
qui ne parvient pas à sortir d’une situation marquée par un chômage élevé, par des investissements productifs poussifs et
par une production industrielle globalement stagnante.
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L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) commence à utiliser l’expression « grande
récession », reprise par la presse économique, pour parler des quatre dernières années, disons depuis 2007, début
de la crise de l’immobilier américain. Les statistiques qu’elle publie, pourtant officielles donc largement manipulées,
estiment que le nombre de chômeurs des pays industriels appartenant à l’OCDE est de 44 millions. Cela représente, au mois
de juillet 2011, 8,2 % de la population active. Ce chiffre représente, avec le taux de chômage d’octobre 2009, le pic du
taux de chômage depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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Mais c’est une moyenne, et la situation varie d’un pays à l’autre, d’une catégorie sociale à l’autre. C’est ainsi
que le chômage des jeunes entre 15 et 24 ans, estimé à 23,4 % en France et 20,5 % sur l’ensemble de la zone euro,
atteint 46,2 % en Espagne.
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Une nouvelle crise bancaire, se traduisant par un ralentissement, voire par l’arrêt du crédit en direction des entreprises,
ne peut qu’aggraver la situation.
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Nombre de PME se plaignent déjà de la difficulté croissante à obtenir un crédit bancaire. Mais les conséquences de la
crise de liquidités que cela amorce ne se limitent pas aux entreprises petites et moyennes. « Les difficultés des
banques françaises fragilisent les financements d’avions », titraient Les Échos du 22 septembre, pour
affirmer que « les difficultés pour se refinancer en dollars ont déjà conduit la Société Générale et BNP-Paribas à
fermer le robinet des financements d’avions libellés en billets verts. Or, les banques françaises jouent un rôle de premier
plan dans le financement des achats d’appareils ». Et le quotidien d’insister : « La crise financière
pourrait bien avoir un impact collatéral sur les livraisons d’avions. Et plus particulièrement sur les ventes
d’Airbus. » Airbus n’est pourtant pas une petite PME !
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Mais, en réalité, si Airbus est la première frappée, Boeing ou Bombardier risquent de l’être également. Ce n’est sans
doute pas pour rien que la banque centrale américaine, qui n’a évidemment aucune raison de favoriser Airbus par rapport à
Boeing dans la concurrence planétaire à laquelle les deux entreprises se livrent, a tout de même accepté de venir au secours
des banques françaises et, en collaboration avec la BCE, de débloquer un certain crédit en dollars.
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Les angoisses du grand capital… ou plutôt de ceux qui le possèdent
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Pour aveugles et stupides que soient les marchés, les détenteurs de capitaux ne peuvent pas ne pas se rendre compte que la
crise économique, dont ils constituent les principaux facteurs d’aggravation, finira par tarir les sources de leur pactole.
Comme l’a résumé un rédacteur du Monde, le 10 septembre 2011, « les soubresauts boursiers et financiers de
juillet et août, qui ont fait chuter les places de 20 à 25 %, ont persuadé qu’à trop tailler dans les budgets on
s’achemine tout droit vers un redoublement de la récession, qui terrorise autant les investisseurs que la perspective d’un
défaut grec ou la fragilité des banques européennes, dans le cas où celui-ci se produirait ». En somme, les mêmes
qui exigent des gouvernements des mesures d’austérité de plus en plus draconiennes qui appauvrissent les classes populaires,
et avant tout les salariés, revendiquent en même temps des plans de relance susceptibles de relayer la consommation populaire.
Mais c’est la quadrature du cercle !
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Lors de la crise commencée en 1929, le seul moyen qu’avait fini par trouver la bourgeoisie pour résoudre cette quadrature du
cercle a été de remplacer la consommation populaire en recul par des moyens étatiques artificiels : les grands travaux
d’abord, puis, en Allemagne et partout ensuite, une politique de réarmement, l’industrie de guerre et finalement la guerre
elle-même.
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Nous n’en sommes pas là pour le moment. Mais le mécanisme est déjà là.
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Les Échos du 8 septembre constatent que « les dividendes restent élevés malgré la crise. Les analystes
n’attendent pas de baisse des dividendes au titre de 2011, ils prévoient même un nouveau montant record à presque
42 milliards d’euros sur le CAC 40. »
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L’économie capitaliste est une machinerie à fabriquer de la plus-value et donc des dividendes même dans les pires périodes
de crise. Mais en même temps, l’argent accumulé ne s’investit pas dans la production. Outre la spéculation sous ses
multiples formes, la grande mode pour les grandes entreprises consiste à utiliser leurs fonds gigantesques à racheter leurs
propres actions. Ce qui signifie tout à la fois l’augmentation future des dividendes des actionnaires et que ces sommes ne
seront pas investies dans la production. L’exploitation croissante des travailleurs, les sacrifices croissants exigés des
classes populaires par les plans d’austérité non seulement n’ouvrent aucune perspective que la crise sera surmontée, mais
au contraire ferment cette perspective.
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Illustration presque anecdotique de la folie du système en même temps que de l’ignominie de ceux qui prétendent le diriger,
cette déclaration de Fillon qui vient d’affirmer qu’il faut repousser l’âge de départ en retraite : obliger
légalement les travailleurs à travailler plus longtemps alors qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde et qu’il y a
officiellement trois millions de chômeurs, en réalité plutôt six millions si on compte toutes les formes de chômage !
Cela signifie non seulement que les travailleurs ont le droit moral d’imposer la protection de leur emploi et leur salaire,
mais qu’arrêter la folle dynamique de l’économie capitaliste est l’intérêt vital de toute la société.
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Écraser la condition ouvrière pour accroître les dividendes est non seulement ignoble, mais cela pousse l’économie dans le
précipice et la société dans la déchéance !
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L’impuissance des dirigeants, reflet de l’anarchie de leur économie
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Voilà ce qui explique la panique sur les marchés et l’affolement des dirigeants politiques. Au-delà des aspects ponctuels
anecdotiques des rebondissements de la crise à la suite d’une déclaration ou d’une rumeur, c’est toute la classe
capitaliste qui n’a pas confiance dans sa propre économie.
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À en croire les hommes de la bourgeoisie eux-mêmes, tout devient possible : de la faillite des États, et pas seulement de
la Grèce, à l’explosion de l’euro et de la zone d’une monnaie unique si péniblement mise en place et si utile au grand
capital lui-même et au commerce intra-européen.
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Dans ce climat d’affolement général, les têtes pensantes de la bourgeoisie se déchirent sur des questions du genre :
faut-il aider l’État grec à rembourser sa dette (ce qui est une façon hypocrite de dire : faut-il aider les banques à ne
pas perdre trop de placements ) ? Si oui, à concurrence de quel montant ? Faut-il mutualiser les dettes des États,
c’est-à-dire faire en sorte que les États les plus riches prennent en partie en charge les dettes des États les plus
fragiles ? Et si oui, de quelle façon ? Par la mise en place du Fonds européen de stabilité financière, avec une
garantie de prêts d’un montant de 440 milliards d’euros (déjà décidée mais pas encore opérationnelle), alimenté par
les États européens, l’État allemand en premier lieu ? Faut-il émettre des obligations européennes, des
« eurobonds », comme le proposent certains ?
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Mais, pour toutes ces solutions évoquées, il faut l’accord de tous les États de l’Union européenne ou, du moins,
l’accord des principaux d’entre eux, assez puissants pour l’imposer aux plus faibles.
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Aux contradictions propres au système économique capitaliste s’ajoutent les contradictions entre les intérêts particuliers
des différents États, tous solidaires certes pour sauver les banques, mais chacun voulant que ce soit son voisin qui assume le
gros de la charge.
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Les dégâts de la finance, expression ultime des dégâts du capitalisme lui-même
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Le développement financier n’est pas seulement l’expression du parasitisme croissant de la classe capitaliste. Il a poussé
jusqu’à l’absurde tous les aspects d’un système économique absurde en lui-même. La sauvagerie de la concurrence, le
caractère aveugle et stupide du marché comme régulateur de l’économie, sont poussés jusqu’à l’extrême dans le
domaine financier.
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Du fait du caractère privé des moyens de production et du capital, l’économie capitaliste n’a jamais été régulable,
même au temps du chemin de fer puis de la production de masse, du fordisme, de la lutte entre puissances impérialistes pour
élargir leurs sphères d’influence.
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Mais certains aspects de la vie économique pouvaient être surveillés, si ce n’est vraiment contrôlés. La circulation des
marchandises pouvait être freinée par des barrières douanières, des quotas, des tracasseries administratives, toute sorte de
choses qui, d’ailleurs, sont loin d’avoir disparu avec le capitalisme d’aujourd’hui et avec la mondialisation.
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Le caractère insaisissable des « produits financiers », la rapidité avec laquelle ils peuvent se placer et se déplacer,
la disparition progressive de la différence entre les investissements productifs et les placements financiers, ont ouvert des
perspectives illimitées devant les aspects les plus néfastes des lois de l’économie capitaliste.
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Affirmer que personne ne maîtrise les marchés financiers est devenu une banalité tant cela apparaît évident. Cette absence
de maîtrise de la bourgeoisie sur le fonctionnement de sa propre économie n’apparaît pas seulement dans l’impuissance
manifeste des saltimbanques qui dirigent les États. Les réunions des G7, G20 ou des ministres de l’Économie ressemblent à
de mauvaises pièces du théâtre de boulevard où les rebondissements se répètent et sont tellement convenus qu’ils ne font
plus rire ! Mais l’impuissance est celle de l’ensemble d’une classe sociale jusques et y compris ses têtes pensantes
les plus compétentes dans leur domaine.
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Jean-Pierre Jouyet en est une, qui préside l’Autorité des marchés financiers (AMF), censée être un organisme de
régulation. Dans une récente émission radiophonique, en décrivant l’impuissance à laquelle il est réduit par le
système, il a donné deux indications très partielles mais bien significatives. Constatant la réticence des grandes banques
américaines à prêter aux grandes banques européennes, au risque de favoriser une nouvelle crise des liquidités, levant les
bras au ciel en signe d’impuissance, il a insisté sur l’opacité totale des transferts d’argent entre les deux rives de
l’Atlantique. Pourtant, ajouta-t-il, plus de la moitié de ces transactions passe par cinq ou six grandes banques
américaines ! Insistant sur l’impossibilité de toute régulation, il rappela que les trois quarts des transactions du
système boursier sont le fait d’ordinateurs et sont automatisées. Le but de cette automatisation est évidemment de profiter
d’infimes décalages du prix des actions sur différentes places boursières et de pouvoir jouer ainsi des sommes importantes
dans un laps de temps le plus court possible. Il affirma avoir proposé, dans un récent rapport, de brider en quelque sorte les
ordinateurs pour qu’une transaction boursière ne prenne pas moins d’une seconde ! Voilà sa proposition la plus hardie en
matière de régulation des marchés financiers dont il a la charge !
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Cette économie est véritablement en crise de folie furieuse !
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La « grande récession », dont rien n’annonce la fin, représente déjà un gâchis colossal. Quarante-quatre millions
de chômeurs officiellement recensés rien que dans les pays de l’OCDE, c’est la population active d’un grand pays.
C’est autant de forces productives dont la société se prive, tout en poussant toujours plus loin l’appauvrissement des
travailleurs atteints par le chômage.
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Une économie de gâchis
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Gâchis aussi, les milliards perdus dans les opérations financières. Et il n’y a rien de consolant dans le fait de savoir
qu’une partie des quelque 5 500 milliards perdus dans les derniers effondrements boursiers est fictive. Ces milliards
envolés, comme les milliards gagnés par quelques-uns – car il ne faut jamais oublier que même un effondrement boursier
peut être source d’enrichissement pour ceux des capitalistes qui ont spéculé dans le bon sens –, résultent du travail
humain, de l’exploitation, mais aussi des besoins non satisfaits parce que ceux qui pourraient les satisfaire sont laissés
sans travail.
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Alors, la seule question qui vaille pour les travailleurs n’est pas d’imaginer des solutions permettant à l’économie
capitaliste de sortir du marasme, que les plus grosses têtes de la classe privilégiée sont incapables de trouver. C’est de
préserver leurs conditions d’existence des dégâts matériels et moraux de la crise, sans s’occuper du foisonnement de
« solutions » proposées à la bourgeoisie en fonction des circonstances.
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La crise elle-même et toutes ses conséquences pour le monde du travail, ainsi que toutes les politiques d’austérité
menées par les États, font partie de la lutte de classe, mais d’une lutte de classe menée pour le moment exclusivement par
la classe privilégiée pour sauvegarder ses propres privilèges.
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La situation ne peut être dénouée que par la lutte de classe menée, cette fois, par les exploités eux-mêmes contre leurs
exploiteurs.
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Personne ne peut prévoir comment s’amorcera la mobilisation de la classe ouvrière. Tout ce qu’on peut en dire, c’est
qu’elle est nécessaire et que cette nécessité deviendra de plus en plus aiguë avec l’aggravation de la crise.
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Et c’est à travers la lutte pour ses conditions d’existence que la classe ouvrière peut être amenée à la prise de
conscience que l’organisation capitaliste doit être détruite de fond en comble, que la bourgeoisie doit être expropriée et
que l’économie doit être réorganisée sur une base plus rationnelle, planifiée, sous le contrôle démocratique de la
population.
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C’est dans des périodes où l’économie capitaliste ne montre pas seulement son injustice, qui est permanente, mais aussi
son irrationalité et son coût matériel et humain pour la société, qu’il faut que les idées communistes soient
défendues, propagées, afin que le moment venu, pour paraphraser Marx, les masses s’emparent d’elles et en fassent une
force agissante.
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23 septembre 2011
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